Apple vient enfin de lancer un iPhone pliable, mais les PC portables pliables ont presque disparu

A split image showing us holding an iPhone Duo in two-screen mode, next to our hands-on exploration of a Huawei Matebook Fold on a coffee table
(Crédit photo: Future)

Avec l’arrivée de l’iPhone Duo, le marché français des smartphones pliables compte désormais un acteur supplémentaire aux côtés de Samsung, Google, Motorola et d’autres constructeurs.

Le nombre de PC portables à écran pliable réellement commercialisés reste infiniment plus faible : Asus, Huawei et HP n’en ont proposé qu’un chacun, tandis que Lenovo compte deux générations majeures.

Alors que les Galaxy Z Fold et Z Flip suivent désormais un cycle de renouvellement annuel chez Samsung, le marché des PC à écran pliable est pratiquement silencieux. Le dernier grand représentant de cette catégorie, le Lenovo ThinkPad Fold 16 Gen 2, est arrivé sur le marché en novembre 2023, plus d’un an après sa présentation.

Les PC portables pliables ne sont probablement pas morts définitivement. Plusieurs problèmes structurels, technologiques et économiques expliquent toutefois pourquoi ils ne sont jamais devenus courants.

The Asus Zenbook 17 Fold OLED pictured on a wooden desk.

Asus mettait en avant les multiples usages du Zenbook 17 Fold OLED. (Image credit: Future)

Une victime de la « RAMpocalypse »

À leur lancement, les ordinateurs pliables figuraient parmi les machines les plus chères de leurs gammes respectives.

L’Asus Zenbook 17 Fold OLED avait été lancé à 3 999 € en France en 2022.

Un an plus tard, le HP Spectre Foldable PC atteignait 5 000 dollars sur son principal marché de lancement et n’a pas bénéficié en France d’un déploiement comparable à celui d’un PC portable classique.

À ce niveau de prix, les acheteurs exigent naturellement des performances élevées, avec notamment beaucoup de RAM et de stockage flash. Or ces deux composants sont précisément ceux dont les tarifs ont fortement grimpé sous l’effet de la demande des data centers consacrés à l’IA.

Les fabricants peuvent absorber une partie de la hausse sur des produits déjà très haut de gamme, mais lancer aujourd’hui des successeurs suffisamment puissants pourrait imposer des tarifs encore plus difficiles à défendre.

Le deuxième problème tient au bénéfice réel procuré par le changement de format.

L’une des grandes promesses d’un smartphone pliable consiste à offrir les capacités proches d’une tablette dans un appareil qui tient toujours dans une poche.

Le gain ne se limite pas à la surface d’écran. Dans l’écosystème Apple, par exemple, l’expérience entre un grand iPhone et un iPad mini reste profondément différente, notamment depuis qu’iPadOS 26 a rapproché davantage l’interface de celle d’un véritable ordinateur.

Sur un PC portable pliable, le passage d’une expérience Windows d’environ 13 pouces en mode clapet à une dalle de 16 ou 17 pouces entièrement dépliée paraît nettement moins spectaculaire.

Quelques avantages existent malgré tout, comme des proportions d’écran plus verticales que celles de nombreux laptops 16 pouces classiques ou la possibilité de travailler en orientation portrait.

Cette logique contribue aussi à expliquer l’absence de véritables tablettes pliables chez de nombreux grands fabricants.

Les efforts logiciels autour de Windows se concentrent plutôt sur la création de doubles zones d’affichage virtuelles — des améliorations qui profitent également aux véritables PC à deux écrans comme l’Asus Zenbook Duo, mis à jour cette année.

Lenovo | ThinkBook Plus Gen 6 Rollable

Des designs comme le Lenovo ThinkBook Plus Gen 6 Rollable offrent davantage d’espace d’affichage tout en conservant un format à clapet. (Image credit: Collin Probst // Future)

Un peu d’assemblage nécessaire

Les smartphones pliables imposent certes d’ouvrir l’appareil pour profiter de toute leur surface d’affichage, mais leur écran externe reste utilisable lorsqu’ils sont fermés. Les derniers modèles Flip deviennent eux aussi de plus en plus fonctionnels sans devoir être entièrement dépliés.

Les ordinateurs pliables demandent davantage de manipulations.

Le premier Lenovo ThinkPad X1 Fold permettait par exemple de ranger le clavier Bluetooth entre les deux moitiés de l’écran une fois l’appareil fermé.

Sur la génération suivante, le clavier restait séparé et était transporté dans une housse servant également de support. Avant de repartir, il fallait donc reconstruire l’ensemble et surtout penser à retirer le clavier avant de replier l’écran afin d’éviter d’endommager la machine.

Les quelques PC à écran enroulable déjà présentés par Lenovo semblent plus simples à ce niveau. Toute la surface supplémentaire apparaît sans devoir déplacer le clavier.

Ces systèmes motorisés imposent certes d’attendre la rétraction de l’écran avant de refermer le capot, mais le compromis paraît plus acceptable pour beaucoup d’utilisateurs.

À technologie égale, un petit appareil bénéficie davantage d’une augmentation soudaine de sa surface d’écran qu’un ordinateur portable déjà relativement grand.

Cette dynamique favorise largement les smartphones. Pour qu’une nouvelle génération de PC à écran flexible trouve enfin son public, le concept devra probablement être repensé plutôt que simplement agrandi.


Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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