États-Unis et Russie préparent ensemble des data centers alimentés par des réacteurs nucléaires
Washington et Moscou discutent d'un accord autour des petits réacteurs nucléaires.
- La Russie et les États-Unis discutent de data centers alimentés par l'énergie nucléaire, malgré les sanctions toujours en vigueur.
- L'émissaire de Vladimir Poutine prévoit de nouveaux accords économiques après celui conclu sur le diesel russe.
- Les petits réacteurs nucléaires pourraient devenir un nouvel axe de coopération entre les deux pays.
La Russie et les États-Unis discutent de plusieurs projets communs, notamment de data centers alimentés par de petits réacteurs nucléaires. Ces échanges interviennent après la conclusion récente d'un accord sur l'approvisionnement en diesel russe.
Kirill Dmitriev, émissaire de Vladimir Poutine chargé des investissements, a révélé l'existence de ces discussions vendredi 16 octobre, lors de la Semaine russe de l'énergie organisée à Moscou.
Aucune précision n'a été communiquée concernant les sites envisagés, le financement, le calendrier ou les entreprises susceptibles de participer. D'autres initiatives pourraient néanmoins être annoncées prochainement.
Les sanctions compliquent toujours les relations entre les deux pays
Kirill Dmitriev, qui dirige le Fonds russe d'investissement direct (RDIF), milite depuis longtemps pour des accords dans les secteurs des minerais et de l'énergie. Il participe également aux négociations visant à mettre fin à la guerre en Ukraine.
Selon lui, les sanctions américaines constituent de sérieux obstacles. Il a notamment qualifié de « malavisée » la loi Graham, promulguée par Donald Trump en septembre.
Ce texte vise à réduire les revenus énergétiques de Moscou au moyen de droits de douane et de sanctions. Malgré ces restrictions, Dmitriev affirme que les deux gouvernements étudient de nouvelles possibilités de coopération économique.
« Il y a tellement de couches de sanctions qui se sont accumulées que tout le monde s'y perd. Il est désormais difficile de comprendre comment sortir de cette situation », a déclaré Dmitriev.
« Des séances de réflexion sont déjà en cours pour déterminer comment lever ces sanctions. C'est précisément sur cela que travaillent actuellement les États-Unis. »
L'accord sur le diesel, point de départ de cette coopération
Donald Trump a récemment annoncé un accord prévoyant l'approvisionnement des marchés américain et international en diesel russe. L'objectif affiché est de faire baisser les prix du carburant avant les élections américaines de mi-mandat, prévues en novembre.
Cet arrangement nécessite la levée de certaines sanctions que Trump avait lui-même imposées au pétrole russe. Une décision vivement critiquée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Le département américain du Trésor a demandé au fonds souverain russe de contribuer à résoudre les difficultés de paiement liées à cet accord sur le diesel.
Kirill Dmitriev assure que le Fonds russe d'investissement direct veillera au bon déroulement des paiements. Il n'a toutefois communiqué aucun chiffre concernant la valeur de l'accord.
Le Kremlin reprochait jusqu'à présent à Washington de conditionner tout nouvel accord économique à la conclusion d'un accord de paix en Ukraine, dont les perspectives restent incertaines.
Malgré l'opposition de Zelensky à l'accord sur le diesel, Washington semble désormais privilégier sa mise en œuvre sans attendre un règlement du conflit ukrainien.
« La glace a, en réalité, commencé à se briser. Nous sommes effectivement en train de mettre en œuvre des projets avec les États-Unis d'Amérique en ce moment même… », a ajouté Dmitriev.
Selon la Russie, cette coopération avec Washington se poursuivra jusqu'à la fin de ce que Moscou appelle son « opération militaire spéciale » en Ukraine.
La Russie dispose déjà d'une certaine expérience dans les petits réacteurs nucléaires. Elle exploite notamment deux unités de 35 MW mises en service en 2020.
Vladimir Poutine a également annoncé son intention de construire 38 nouvelles unités de production nucléaire au cours des deux prochaines décennies. Cette expansion doit notamment répondre aux besoins croissants en puissance de calcul liés à l'intelligence artificielle.
Avec des réacteurs déjà opérationnels et d'autres modèles en développement, Moscou dispose donc d'une base technologique susceptible de soutenir cette coopération. Reste à savoir quels projets les deux pays décideront réellement de concrétiser.
Via Reuters
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- Efosa Udinmwen Freelance Journalist