Nvidia veut transformer d'anciennes centrales nucléaires allemandes en gigantesques data centers d'IA

Nuclear Power Plant
(Crédit photo: Alpiq)

  • Nvidia souhaite transformer d'anciens sites nucléaires allemands en data centers consacrés à l'intelligence artificielle.
  • L'arrêt du nucléaire en Allemagne laisse des dizaines d'anciennes installations en attente de démantèlement.
  • Nvidia et PreussenElektra étudient de nouvelles utilisations possibles pour ces infrastructures nucléaires désaffectées.

Nvidia a accepté d'étudier la possibilité de transformer d'anciens sites de réacteurs nucléaires allemands en centres informatiques. L'entreprise exclut toutefois tout redémarrage des réacteurs actuellement à l'arrêt.

Le fabricant américain de puces a signé un accord préliminaire avec PreussenElektra GmbH (PEL), une entreprise allemande du secteur énergétique. Les deux sociétés examineront le potentiel de plusieurs installations nucléaires désaffectées.

Le projet n'envisage pas de produire de l'électricité par fission nucléaire pour les futurs data centers. L'étude porte plutôt sur les infrastructures déjà présentes, notamment les raccordements au réseau électrique et l'accès à l'eau.

Réutiliser les sites sans redémarrer les réacteurs

Après l'accident de Fukushima, l'Allemagne a progressivement abandonné l'énergie nucléaire. Ses derniers réacteurs en activité ont définitivement fermé en avril 2023. Le pays procède désormais au démantèlement d'une trentaine d'installations nucléaires.

PreussenElektra supervise la fermeture et le démantèlement de huit de ces installations. Il est donc probable que l'étude porte sur certains de ces sites.

Aucune des deux entreprises n'a toutefois précisé les emplacements concernés. L'hypothèse selon laquelle les huit installations gérées par PreussenElektra seraient examinées reste donc à confirmer.

« Nos anciens sites de centrales électriques disposent d'infrastructures industrielles précieuses et offrent des possibilités de nouvelles utilisations tournées vers l'avenir », a déclaré Guido Knott, président du directoire de PreussenElektra.

« Avec Nvidia, nous souhaitons évaluer rigoureusement si ces caractéristiques peuvent être exploitées, et de quelle manière, pour accueillir des usines d'IA. »

L'étude examinera les raccordements électriques, les terrains disponibles et les infrastructures industrielles existantes. L'objectif sera de déterminer si chaque site répond aux exigences techniques particulièrement strictes des usines d'IA.

Les deux entreprises souhaitent ainsi vérifier si ces installations peuvent satisfaire les besoins de construction et d'exploitation de nouveaux centres informatiques, tout en renforçant les capacités allemandes dans le domaine de l'intelligence artificielle.

Des économies possibles, mais un modèle encore à démontrer

La construction de nouveaux data centers nécessite généralement des terrains bien situés, des autorisations d'implantation industrielle, un accès à l'eau pour les systèmes de refroidissement et de puissants raccordements électriques. Or, les anciennes centrales nucléaires disposent déjà d'une grande partie de ces infrastructures.

Nvidia espère que la réutilisation de ces sites permettra de réduire les dépenses et les délais de construction. Cette approche pourrait être particulièrement intéressante dans un contexte d'expansion sans précédent des infrastructures consacrées à l'intelligence artificielle.

« Les usines d'IA ont besoin d'un accès à l'électricité, de terrains et d'infrastructures à haute capacité. D'anciens sites industriels pourraient constituer une base solide pour cette nouvelle génération d'informatique », a déclaré Markus Hacker, directeur régional senior chez Nvidia.

« Avec PreussenElektra, nous évaluerons comment ses sites pourraient répondre aux exigences techniques et opérationnelles des usines d'IA et contribuer à l'infrastructure allemande de calcul haute performance pour l'intelligence artificielle. »

Les deux entreprises insistent sur le caractère exploratoire de cette initiative. Aucun montant de financement, aucun projet architectural approuvé ni aucun contrat de construction contraignant n'ont été annoncés. La faisabilité de cette reconversion reste donc à démontrer.

Réutiliser d'anciennes installations nucléaires semble efficace sur le papier. Mais aucune des deux sociétés n'a encore prouvé que la capacité des réseaux électriques présents sur ces sites suffirait à satisfaire les besoins énergétiques considérables des infrastructures d'IA.

Les procédures d'autorisation applicables aux installations en cours de démantèlement, l'acceptation des populations locales et les coûts de transformation restent également sans réponse. Les économies de temps et d'argent envisagées sont donc, pour le moment, purement hypothétiques.

Le refus de redémarrer les réacteurs pourrait atténuer certaines inquiétudes politiques en Allemagne. L'annonce ne précise toutefois pas si les autorités régionales ou les habitants des zones concernées ont déjà été consultés.

Via Tom's Hardware


Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

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