Les géants de la tech préviennent que la souveraineté cloud pourrait coûter 115 milliards d’euros à l’Europe

Flags of the European Union in front of the Berlaymont Building, which houses the European Commission's headquarters in Brussels, Belgium
(Crédit photo: Getty Images)

  • Un rapport de la CCIA affirme que les estimations de coûts de la Commission européenne sont très sous-évaluées
  • Des restrictions favorisant les fournisseurs cloud européens pourraient augmenter les coûts d’exploitation et compliquer les migrations
  • Ces chiffres proviennent toutefois d’un groupe qui représente Amazon, Google et d’autres géants américains de la tech

Les efforts européens visant à réduire la dépendance envers les fournisseurs technologiques étrangers pourraient coûter 115 milliards d’euros au cours de la prochaine décennie, selon un nouveau rapport de l’European Centre for International Political Economy (ECIPE).

L’étude a été commandée par la Computer and Communications Industry Association (CCIA) et porte plus précisément sur le Cloud and AI Development Act (CADA).

Un élément doit toutefois être gardé à l’esprit : la CCIA représente plusieurs grandes entreprises technologiques américaines, notamment Amazon, Google et Meta, qui possèdent toutes d’importants intérêts commerciaux sur le marché européen.

Abandonner les hyperscalers américains pourrait coûter très cher à l’Europe

La Commission européenne avait auparavant estimé que la facture pourrait atteindre 18 milliards d’euros sur dix ans dans le scénario le plus coûteux. L’estimation de 115 milliards d’euros avancée par l’ECIPE est donc environ 6,4 fois supérieure. Le rapport affirme notamment que des restrictions favorisant les fournisseurs cloud européens augmenteraient les coûts d’exploitation, imposeraient des migrations de charges de travail et nécessiteraient d’importants développements ou réécritures logicielles.

L’étude divise ces coûts en deux grandes catégories. Elle estime à environ 33 milliards d’euros l’impact sur le secteur public, qui comprend les gouvernements et autres organismes agissant au service des citoyens, puis à environ 80 milliards d’euros les coûts supplémentaires pour le secteur privé, notamment dans des infrastructures critiques comme la banque, la santé, l’énergie et les transports.

Les 115 milliards d’euros correspondent en outre à un scénario intermédiaire. Selon l’intensité des exigences européennes de souveraineté technologique, les projections les plus élevées du rapport atteignent jusqu’à 233 milliards d’euros.

La CCIA demande donc aux responsables politiques européens d’évaluer les questions de souveraineté à partir des risques concrets associés aux fournisseurs plutôt qu’à partir de leur seule nationalité.

Mitchell Rutledge, responsable des politiques publiques de CCIA Europe, affirme que contribuables et entreprises devraient supporter cette facture et estime que l’évaluation officielle n’aurait pas pris en compte 70 % de l’impact réel du CADA. Le groupe appelle par conséquent les États membres à ne pas s’appuyer uniquement sur les estimations de la Commission européenne.


Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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