Lauréat en photographie animalière, il explique les atouts des reflex d’occasion pour le terrain
Un choix très calculé
Ce fut un véritable plaisir d’interviewer le photographe animalier de renom Will Burrard-Lucas lors des Sony World Photography Awards cette année, après qu’il a remporté le premier prix de la catégorie Wildlife grâce à sa série « Crossing Point ».
Ses images spectaculaires, d’une précision remarquable, ont été réalisées sur une période de six mois et ont fourni des données essentielles sur la faune emblématique du parc national du Masai Mara, au Kenya, aux agences locales. Les gardes du parc ont été stupéfaits par certaines découvertes, toutes capturées à l’aide du système de pièges photographiques unique développé par Burrard-Lucas lui-même.
Passionné de matériel photo, l’objectif était notamment de comprendre en détail sa configuration et la manière dont ces images ont été réalisées, aujourd’hui particulièrement mises en lumière depuis les SWPA 2026.
Ce que Burrard-Lucas a partagé s’est révélé fascinant, et montre aussi qu’un équipement ancien peut encore avoir toute sa place.
« Là où beaucoup d’appareils hybrides montrent leurs limites »
On pourrait s’attendre à ce que cette série ait été réalisée avec l’un des meilleurs appareils hybrides du moment. Burrard-Lucas utilise effectivement principalement du matériel Sony pour la photographie animalière sur le terrain. Cependant, pour ses pièges photographiques à distance utilisés dans cette série primée, ses choix ont été tout autres.
Les pièges photographiques de Burrard-Lucas reposent sur ses propres dispositifs « Camtraptions », notamment un capteur de mouvement très avancé fonctionnant en mode filaire ou sans fil. Il a associé sans fil ce capteur à un reflex plein format Canon EOS 6D équipé d’un objectif 35 mm. Oui, un reflex destiné aux amateurs experts, âgé de 14 ans.
Compte tenu de leur ancienneté, et comme la plupart des meilleurs reflex, les EOS 6D ne se trouvent désormais qu’en occasion, avec des modèles « en excellent état » proposés autour de 355,00 € chez les principaux revendeurs.
Le faible coût de ces anciens reflex constitue une part importante de leur attrait pour Burrard-Lucas, notamment en raison du nombre de pièges photographiques qu’il installe et des environnements exigeants dans lesquels il travaille habituellement. Le rapport coût-performance entre alors clairement en ligne de compte. Il a expliqué avoir besoin d’un matériel abordable, « fiable et robuste », offrant une excellente qualité d’image en basse lumière, et l’EOS 6D répondait à ces critères.



Il existe néanmoins un avantage technique propre aux anciens reflex. Un bon éclairage était crucial pour la série, en particulier parce que de nombreuses espèces suivies sont nocturnes et discrètes, comme les rhinocéros. L’usage du flash était donc indispensable.
Burrard-Lucas a précisé : « N’importe quel ancien reflex fonctionne très bien dans une configuration de piège photographique — l’appareil doit bien gérer le flash, et c’est là que beaucoup d’appareils hybrides montrent leurs limites. »
La composition visible dans la série « Crossing Point » a été définie dès le départ, le capteur de mouvement étant positionné pour déclencher l’appareil lorsque l’animal entrait dans une zone précise du cadre, zone sur laquelle l’objectif avait été mis au point manuellement. L’appareil déclenchait ensuite à distance trois flashes afin d’éclairer le sujet et la végétation luxuriante immédiate.
La composition et la mise au point étant choisies en amont, il n’était pas nécessaire d’opter pour un boîtier haut de gamme offrant des rafales ultra-rapides et un autofocus de pointe. Le choix du matériel reposait sur les exigences de qualité d’image, de fiabilité et de coût. L’EOS 6D a donc été retenu.
Burrard-Lucas travaille régulièrement avec des pièges photographiques, souvent placés dans des zones où ils risquent d’être endommagés par la faune. Il a ainsi indiqué que lorsqu’il repère des « anciens reflex d’occasion à bas prix, il les achète immédiatement ».
N’importe quel ancien reflex fonctionne très bien dans une configuration de piège photographique — l’appareil doit bien gérer le flash, et c’est là que beaucoup d’appareils hybrides montrent leurs limites.
Will Burrard-Lucas
Interrogé sur son utilisation des pièges photographiques, Burrard-Lucas a déclaré : « Pour les créatures nocturnes, il n’y a rien de mieux que les pièges photographiques, car tout repose vraiment sur l’éclairage.
Pour ces animaux insaisissables, un photographe peut attendre 12 heures, mais il ne peut pas attendre quatre mois. C’est donc la seule méthode pratique lorsque l’on dispose d’un point focal clairement défini. »
La décision a été prise de tester personnellement le système de piège photographique de Burrard-Lucas. Il a précisé : « C’est très simple, et beaucoup de personnes redonnent une nouvelle vie à leur ancien reflex. Il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’équipement supplémentaire ; le capteur, un seul flash pour commencer, rester simple et laisser le dispositif en place pendant quelques nuits. »
Burrard-Lucas vend tous les éléments nécessaires à son système primé, à l’exception de l’appareil photo lui-même, sur son site Camtraptions, où l’on trouve également un guide détaillé.
Il est peu probable que des rhinocéros ou des léopards soient photographiés, mais ressortir un ancien reflex Nikon pour lui donner une nouvelle utilité s’annonce enthousiasmant. Il sera intéressant de découvrir quelle faune nocturne visitera un jardin de campagne. Les meilleures images pourront, espérons-le, être partagées prochainement.
Il est possible de découvrir davantage de photos du projet « Crossing Point » sur le site de la World Photo Organisation.
- Pas de budget pour Leica ? Cette astuce virale transforme les Panasonic en faux modèles premium
- La Lune comme vous ne l’avez jamais vue : Artemis II franchit un cap
- Ce Youtuber a comparé les couleurs de plus de 50 appareils photo — et les résultats ne vont pas plaire aux fans de Fujifilm et Lumix

Tim is the Cameras editor at TechRadar. He has enjoyed more than 15 years in the photo video industry with most of those in the world of tech journalism. During his time as Deputy Technical Editor with Amateur Photographer, as a freelancer and consequently editor at Tech Radar, Tim has developed a deeply technical knowledge and practical experience with cameras, educating others through news, reviews and features. He’s also worked in video production for Studio 44 with clients including Canon, and volunteers his spare time to consult a non-profit, diverse stories team based in Nairobi. Tim is curious, a keen creative, avid footballer and runner, and moderate flat white drinker who has lived in Kenya and believes we have much to enjoy and learn from each other.