J'ai comparé le nouveau Viltrox 35 mm f/1,4 Pro à mon légendaire Sigma Art de 2012, et les résultats m'ont surpris

Tim Coleman holding the Viltrox AF 35mm F1.4 Pro lens in one hand and Sigma 35mm f1/.4 DG Art lens in the other
(Crédit photo: Tim Coleman)

S'il fallait choisir un objectif qui a particulièrement marqué ma carrière de photographe, ce serait sans hésitation le Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM Art en monture Nikon F.

Je l'ai acheté juste avant mon départ pour l'Afrique de l'Est, où j'allais travailler dans le photojournalisme. Sigma venait alors de lancer sa nouvelle gamme « Art » en 2012, avec un objectif nettement moins cher que le 35 mm f/1,4 de Nikon destiné à ses reflex. J'en ai donc acheté un pour accompagner mon Nikon D800.

Pendant quatre années mémorables passées au Kenya, à parcourir la région et les pays voisins, j'estime avoir réalisé plus de 75 % de mes photos avec ce seul objectif. Beaucoup de ces clichés, notamment des portraits de personnes dans leur environnement, figurent encore parmi mes préférés.

Depuis, je suis passé à un appareil hybride de la même marque, le Nikon Z6 II. Ce modèle a été remplacé par le Nikon Z6 III, mais il reste aujourd'hui mon appareil principal.

Viltrox m'a ensuite proposé de tester son tout nouveau AF 35 mm F1.4 Pro, dévoilé cette semaine en versions Nikon Z et Sony E. Aucune version en monture L n'a encore été annoncée.

J'avais déjà essayé le 35 mm F1.2 de Viltrox, issu de sa gamme professionnelle LAB et plus coûteux. Mais ce nouveau 35 mm f/1,4 présente des caractéristiques directement comparables à celles de mon vieux Sigma. L'occasion était donc trop belle pour ne pas confronter les deux objectifs.

J'ai utilisé les deux modèles dans différentes situations, en réalisant des photos comparables avec mon Nikon Z6 II. Pour le Sigma, j'ai simplement utilisé un adaptateur permettant de monter les objectifs Nikon F sur les appareils Nikon Z.

Une question me trottait dans la tête tout au long de ce comparatif. Les objectifs pour hybrides ont-ils réellement fait autant de progrès qu'on le prétend, ou pourrais-je continuer à utiliser sans problème mon optique pour reflex vieille de plus de dix ans ?

Voici ce que j'ai découvert.

Prise en main des deux objectifs

Commençons par l'ergonomie. Pris séparément, le Sigma est physiquement plus compact que le Viltrox. Mais pour l'utiliser sur mon Z6 II, j'ai besoin d'un adaptateur Nikon F vers Nikon Z, qui ajoute de l'encombrement et finit par équilibrer les choses.

Et si je décidais de monter le Sigma sur mon ancien reflex Nikon D800, je me retrouverais avec un boîtier nettement plus volumineux que le Z6 II.

L'adaptateur permet essentiellement de compenser la différence de tirage mécanique entre les deux montures. Il s'agit de la distance séparant le capteur de l'arrière de l'objectif, plus importante sur la monture Nikon F. L'adaptateur conserve également toutes les fonctions autofocus.

Au final, je n'ai constaté aucun véritable avantage en matière de taille ou de poids pour l'un ou l'autre objectif, quel que soit le système utilisé.

Nikon propose également un 35 mm f/1,4 relativement abordable en monture Z, plus compact que ces deux modèles. Mais d'après mon expérience, sa qualité optique n'atteint pas celle du Sigma ou du Viltrox.

Mon Sigma a beaucoup souffert au cours de ses presque quinze années d'utilisation, parfois dans des conditions particulièrement difficiles. Pourtant, il fonctionne toujours parfaitement. Certes, son aspect extérieur témoigne de son âge et de son utilisation intensive, mais ses performances n'ont pas changé depuis le premier jour.

Je ne suis pas aussi optimiste concernant la résistance esthétique du Viltrox. Comme plusieurs autres objectifs de la marque que j'ai testés, il possède un revêtement extérieur qui se raye facilement.

Cela n'a évidemment aucune conséquence sur la qualité optique. Mais pendant mes essais, j'ai fait particulièrement attention à ne pas abîmer l'objectif.

L'autofocus du Viltrox est légèrement plus rapide et plus fluide. La différence reste toutefois minime, et certainement insuffisante pour justifier à elle seule son achat.

D'ailleurs, je ne pense pas que l'utilisation d'un objectif Nikon F avec un adaptateur sur un appareil hybride Nikon Z pénalise véritablement les performances autofocus.

Qualité optique : les progrès sont-ils vraiment visibles ?

Avec ce type d'objectif, j'utilise régulièrement la grande ouverture maximale de f/1,4. Elle me permet de réduire la profondeur de champ et de flouter l'environnement pour mieux détacher mes sujets. C'est également très pratique lorsque je photographie dans des conditions de faible luminosité, sans éclairage supplémentaire.

Et c'est précisément à cette ouverture que les différences optiques entre les deux objectifs deviennent les plus évidentes.

Le Viltrox est plus net à f/1,4. Pas énormément, il faut bien le reconnaître. La différence n'est pas forcément visible lorsqu'on regarde simplement les photos sur un ordinateur portable. Je considère d'ailleurs toujours le Sigma comme un objectif très net.

Mais en examinant les images pixel par pixel, l'avantage du Viltrox apparaît.

C'est également lors de cet examen détaillé que j'ai constaté des aberrations chromatiques beaucoup plus prononcées sur le Sigma.

Le Viltrox n'en est pas totalement exempt, mais il les maîtrise nettement mieux. Mon Sigma présente également, dans certaines situations, des aberrations chromatiques longitudinales, ou LoCA. Ce type de défaut optique est plus difficile à corriger.

Je m'attendais aussi à un vignettage plus important sur le Sigma, avec des coins de l'image davantage assombris. Mais dans les faits, les deux objectifs offrent des performances assez similaires sur ce point.

Et qu'en est-il du bokeh, cette qualité esthétique des zones floues que l'on observe notamment lorsque des points lumineux apparaissent en arrière-plan ?

D'après les photos que j'ai réalisées, impossible de départager les deux objectifs.

Tous deux produisent un bokeh particulièrement doux, avec des caractéristiques très proches. Les points lumineux flous conservent une forme plutôt arrondie au centre de l'image, avant de devenir légèrement ovales, en forme d'œil de chat, vers les coins.

Toutes les observations précédentes concernent les deux objectifs utilisés à pleine ouverture, à f/1,4.

Mais je ne me suis évidemment pas arrêté là.

Dans chaque situation, j'ai réalisé plusieurs séries de photos aux ouvertures f/1,4, f/1,8, f/2, f/2,8, f/4 et f/5,6. Cela m'a permis de comparer leur comportement lorsque le diaphragme se referme progressivement.

Et à f/4 ou f/5,6, la plupart des différences deviennent négligeables.

La netteté s'équilibre et les défauts optiques diminuent. Seules les aberrations chromatiques restent plus prononcées sur le Sigma.

J'ai également intégré ci-dessous plusieurs agrandissements de photos réalisées à f/5,6. Ils montrent à quel point les différences de qualité d'image s'atténuent lorsqu'on réduit l'ouverture.

Viltrox AF 35mm F1.4 Pro lens attached to a Nikon mirrorless camera, closeup of the controls

(Image credit: Tim Coleman)

Viltrox AF 35 mm F1.4 Pro vs Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM Art : mon verdict

Au final, je suis assez surpris de constater à quel point ces deux objectifs sont proches. D'un côté, il y a l'excellent Viltrox AF 35 mm F1.4 Pro. De l'autre, mon Sigma 35 mm f/1,4 DG HSM Art, vieux de presque quinze ans.

Les différences de qualité optique sont surtout visibles à pleine ouverture.

À f/1,4, le Viltrox se montre légèrement plus net et maîtrise mieux les aberrations chromatiques. Mais il faut réellement examiner les images dans leurs moindres détails pour constater ces écarts.

Et dès que je referme le diaphragme à f/4 ou davantage, les résultats deviennent pratiquement identiques.

Le bokeh est lui aussi très similaire sur les deux objectifs, même si mon Sigma présente quelques aberrations chromatiques longitudinales dans certaines scènes à contre-jour.

Le Viltrox AF 35 mm F1.4 Pro rejoint donc une liste de plus en plus longue d'objectifs du fabricant chinois que je peux recommander sans hésitation.

Mais cette confrontation avec un Sigma légendaire, conçu pour un système photographique aujourd'hui largement abandonné, m'a surtout appris une chose.

Les reflex et leurs meilleurs objectifs restent parfaitement capables de produire d'excellentes photos aujourd'hui.

Et pour ma part, je compte bien continuer à utiliser mon fidèle Sigma pendant encore de nombreuses années.



Timothy Coleman
Cameras Editor

Tim joined the TechRadar team as Cameras Editor in 2023 and has enjoyed more than 15 years as a tech journalist specializing in camera gear. He's previously worked at Amateur Photographer, for a photo accessory manufacturer and as a freelance photographer and video producer, with clients including Studio 44 and Canon. He also started a media team in Nairobi, Kenya, where he lived for a few years volunteering for a faith-based organisation. Tim is married, father of three children, and loves being active, primarily running since hanging up his football boots.

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