5 signes indiquant que ChatGPT hallucine

AI hallucinations
(Crédit photo: Shutterstock)

Les hallucinations constituent un défaut inhérent aux chatbots d’intelligence artificielle. Lorsqu’un modèle comme ChatGPT, Gemini, Copilot ou tout autre IA produit une information erronée avec aplomb, il s’agit d’une hallucination. Cela peut aller d’un léger écart à une erreur flagrante, voire à une accusation complètement inventée et diffamatoire. Dans tous les cas, ces dérives finiront inévitablement par apparaître dès lors qu’un échange dure assez longtemps avec un chatbot.

Comprendre comment et pourquoi ChatGPT peut confondre ce qui semble plausible avec ce qui est vrai devient donc essentiel pour toute personne qui utilise ce type d’outil. Ces systèmes ne vérifient pas les faits : ils génèrent des réponses en prédisant le texte le plus probable à partir de modèles issus des données d’entraînement. Ils peuvent donc donner l’illusion d’un discours fiable, alors qu’ils l’ont tout simplement inventé. L’astuce consiste à rester conscient qu’une hallucination peut surgir à tout moment, et à savoir repérer les signes qui trahissent sa présence. Voici quelques-uns des meilleurs indicateurs qu’une hallucination est en cours.

Spécificité étrange sans sources vérifiables

L’un des aspects les plus agaçants des hallucinations de l’IA est qu’elles incluent souvent des détails qui semblent précis. Une réponse inventée peut mentionner des dates, des noms ou d’autres informations concrètes, ce qui la rend d’autant plus crédible. Parce que ChatGPT produit des textes en s’appuyant sur les schémas repérés pendant son entraînement, il peut générer des détails cohérents avec la structure d’une réponse correcte sans s’appuyer sur une source réelle.

Il est par exemple possible de poser une question sur une personne et de recevoir une réponse contenant des éléments vrais mêlés à une histoire totalement inventée. Ce niveau de précision rend l’hallucination difficile à détecter, car l’être humain a tendance à faire confiance aux affirmations détaillées.

Il reste pourtant essentiel de vérifier tout détail susceptible de poser problème s’il s’avère erroné. Si une date, un article ou un nom ne mène à rien lors d’une recherche, cela peut être un indice fort d’hallucination. Il faut se souvenir qu’une IA générative ne vérifie rien : elle se contente de prédire ce qui pourrait sembler crédible, pas ce qui est exact.

Confiance imméritée

Ce piège de la précision s’accompagne souvent d’un ton excessivement sûr de lui. ChatGPT et d’autres modèles du même type sont conçus pour répondre de manière fluide et assurée. Ce ton confiant peut rendre une fausse information particulièrement convaincante, même lorsqu’elle repose sur du vent.

Les modèles d’IA sont conçus pour enchaîner les mots de manière cohérente. Même lorsqu’une réponse mériterait de la prudence, l’IA la formule avec le même aplomb que des données vérifiées. Contrairement à un expert humain qui pourrait nuancer ou dire qu’il ne sait pas, les IA restent encore rarement enclines à répondre « je ne sais pas ». Une réponse complète et bien structurée est souvent favorisée, même au détriment de l’honnêteté intellectuelle.

Dans tous les domaines où les spécialistes eux-mêmes se montrent prudents – comme la science ou la médecine, qui avancent souvent à coups de débats et de théories évolutives – un système digne de confiance devrait refléter cette incertitude. Si ChatGPT affirme quelque chose de manière catégorique là où le consensus n’existe pas, cela peut signaler une hallucination : le modèle comble alors une lacune avec un récit fictif au lieu de reconnaître une zone d’ombre.

Références introuvables

Les citations et les références sont souvent perçues comme un gage de fiabilité. Pourtant, il arrive que ChatGPT en propose qui semblent valables… mais qui n’existent pas.

Ce type d’hallucination est particulièrement problématique dans les contextes académiques ou professionnels. Un étudiant peut, sans le savoir, fonder une revue de littérature sur des citations fictives, parfaitement formatées, mentionnant des revues scientifiques plausibles. Mais en creusant, on découvre que ces références ne renvoient à aucune publication réelle.

Il est donc indispensable de vérifier chaque article, auteur ou revue citée dans les bases de données reconnues ou via une recherche sur le web. Si un nom paraît très spécifique mais qu’il ne mène à rien, il s’agit peut-être d’une « citation fantôme » inventée par le modèle pour paraître crédible.

Suivis contradictoires

Même lorsqu’une réponse contient des références valables, une incohérence logique peut trahir une hallucination. D’où l’importance de poser des questions de suivi. Les modèles d’IA générative ne s’appuient pas sur une base de données stable : ils peuvent donc se contredire quand la conversation se prolonge. Cela se remarque notamment quand une question plus précise contredit une réponse antérieure. Si les deux affirmations ne peuvent pas être conciliées, l’une ou l’autre (ou les deux) sont probablement inventées.

La bonne nouvelle, c’est qu’il n’est pas nécessaire de sortir de la conversation pour détecter ce signe. Si le modèle ne parvient pas à rester cohérent sur des réponses logiquement liées, il y a de fortes chances que l’énoncé initial ne reposait sur aucune base fiable.

Logique absurde

Même si les réponses ne se contredisent pas, la logique interne peut poser problème. Si une réponse ne tient pas face au réel, il faut se méfier. ChatGPT prédit les mots à venir, mais n’applique pas un raisonnement logique. Une phrase peut donc sembler rationnelle à l’écrit mais s’effondrer à l’épreuve du bon sens.

Souvent, cela commence par une hypothèse fausse. Par exemple, l’IA peut suggérer d’ajouter des étapes inexistantes à un protocole scientifique bien établi, ou ignorer des évidences. Un exemple resté célèbre : Gemini, un modèle d’IA, proposait de mettre de la colle dans la sauce à pizza pour que le fromage colle mieux. Oui, techniquement, ça colle. Mais ce n’est pas exactement une recommandation culinaire recevable.

Les hallucinations dans ChatGPT et les modèles similaires sont le résultat direct de leur mode d’entraînement. Tant que l’intelligence artificielle reposera sur la prédiction de mots, ce phénomène continuera d’exister.

L’enjeu pour les utilisateurs consiste donc à savoir quand accorder sa confiance, et quand vérifier. Repérer une hallucination devient une compétence essentielle de littératie numérique. À mesure que l’IA se généralise, la logique et le bon sens deviennent des outils indispensables. Le meilleur réflexe à adopter : éviter la confiance aveugle, et privilégier un regard critique éclairé.


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Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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