Samsung dévoile enfin ses lunettes connectées, avec une promesse claire face aux craintes sur la vie privée
Un design déjà convaincant
Le terme « Intelligent Eyewear » est la nouvelle appellation choisie par Samsung pour tenter d’offrir un nouveau départ à sa technologie portable, dans un marché qui montre des signes de lassitude vis-à-vis des lunettes connectées. En mettant l’accent sur le style et le design, la marque a présenté une série de modèles conçus avec Warby Parker et Gentle Monster, où la mode et Gemini occupent une place centrale dans l’expérience.
Samsung a dévoilé cette collaboration longtemps annoncée avec Google et ces grandes marques de lunetterie en même temps que sa nouvelle gamme de smartphones pliables Galaxy, lors du Samsung Galaxy Unpacked du 22 juillet. Ces Intelligent Eyewear viennent enfin concurrencer frontalement Meta, dont les lunettes connectées Ray-Ban et EssilorLuxottica dominent aujourd’hui ce segment.
Lors d’un aperçu organisé juste avant le lancement, un regard de près a été possible sur ces nouvelles montures, même si Samsung a clairement refusé tout essai ou utilisation réelle, ce qui s’est avéré décevant.
Les Intelligent Eyewear de Samsung se déclinent en plusieurs designs, allant de montures carrées ou rondes classiques à des formes œil de chat, avec des coloris allant de l’ambre au vert en passant par le noir. Les verres sont proposés en version claire ou photochromique. Aucun prix n’a été communiqué et la date de sortie est simplement annoncée pour « cet automne ».
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En manipulant plusieurs montures, sans jamais les porter, un point ressort rapidement. Malgré la présence de composants comme une puce Snapdragon pour objets connectés de Qualcomm, les lunettes restent très légères. Les branches, légèrement plus épaisses que celles de lunettes classiques, restent toutefois assez fines pour qu’un observateur en face ne réalise pas immédiatement qu’il s’agit de lunettes intelligentes.
Certains indices trahissent malgré tout leur nature.
À l’avant des montures, deux éléments ressemblent à des caméras. Seule celle de droite sert réellement à la capture, avec un nombre de mégapixels non précisé. Celle de gauche correspond à une LED essentielle, destinée à signaler la prise de photos ou de vidéos.
En retournant les verres et en observant la branche gauche près de la monture, un large interrupteur devient visible. Ces Intelligent Eyewear semblent ainsi intégrer un bouton d’alimentation imposant, un choix rarement vu sur ce type de produit.
Sous les branches, des haut-parleurs stéréo sont intégrés, un de chaque côté, accompagnés de ce qui semble être deux ouvertures pour microphones longue portée.
Un bouton unique situé sur le dessus d’une branche permet de déclencher une photo ou une vidéo, ou d’appeler un assistant personnel. Malgré plusieurs demandes, Samsung confirme l’absence de contrôle gestuel pour ajuster, par exemple, le volume.
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Comme avec les autres appareils intelligents développés avec Google, à l’image du casque Samsung Galaxy XR, ces lunettes conçues avec Warby Parker et Gentle Monster placent l’accès à l’intelligence artificielle au centre. L’usage repose sur la voix pour invoquer Gemini et bénéficier de différentes aides.
L’assistant peut identifier ce qui se trouve dans le champ de vision, traduire des panneaux ou menus, répondre à des questions générales, accompagner la réflexion en déplacement, résumer des e-mails, guider une recette, et éventuellement accéder à la messagerie.
À côté de Gemini, l’assistant Bixby de Samsung est également présent. Son rôle, plus basique, consiste notamment à accéder aux applications du téléphone et à gérer certaines fonctions des lunettes, comme le volume.
Les boîtiers de charge signés Warby Parker et Gentle Monster ont également été observés. Ces étuis blancs se montrent légèrement plus légers que celui des lunettes Meta, jugé trop lourd avec les lunettes à l’intérieur.
Samsung évoque ses choix de design, ses limites et les préoccupations liées à la vie privée
Peu d’informations ont été données sur le fonctionnement précis des montures, mais des éléments intéressants ont été partagés par James Choi, vice-président exécutif et responsable de la R&D XR chez Samsung.
Un point est clair. À ce stade, ces lunettes ne remplacent en aucun cas le smartphone. Les exigences liées au traitement de l’IA restent trop élevées pour être entièrement intégrées dans les lunettes. L’objectif consiste plutôt à étendre l’usage intensif de l’IA du téléphone vers ce nouveau format.
Certaines limites restent reconnues, comme l’absence de réglage du pont nasal ou des branches. Sur des lunettes classiques, ces ajustements sont courants, mais deviennent difficiles ici en raison des capteurs et des composants intégrés.
Lors de l’examen des montures, certains éléments technologiques intégrés dans les branches restent même visibles à travers le boîtier. À noter que, sur les lunettes Meta récemment lancées avec EssilorLuxottica, les branches et le pont nasal sont ajustables.
James Choi a également longuement abordé les préoccupations croissantes autour de la vie privée, qui touchent l’ensemble du marché des lunettes connectées.
Selon lui, certaines réactions négatives dépendent fortement des contextes culturels. En Corée du Sud, par exemple, la densité dans les transports publics accentue les inquiétudes.
« L’acceptation par le public prend du temps », précise-t-il.
Le sujet reste ouvert pour Samsung, qui continue de travailler activement sur cette question. Des évolutions futures, notamment sur la forme ou le design, pourraient influencer cette acceptation.
Ces préoccupations ne constituent toutefois pas un frein au développement.
« Il est impossible de rester à ce stade sans innover. Les usages malveillants doivent être anticipés et encadrés. Si l’innovation s’arrête pour cette raison, aucun progrès n’est possible. »
Ce qui se prépare pour les lunettes avec affichage
Samsung ne met pas de côté les verres avec affichage. Selon James Choi, des développements sont en cours avec une technologie annoncée comme supérieure à ce qui existe aujourd’hui.
Les défis restent importants, notamment pour intégrer un affichage dans un format discret à porter sur le visage.
L’objectif consiste à atteindre un design proche de celui des lunettes Warby Parker actuelles, tout en intégrant ces fonctionnalités.
L’autonomie constitue également un obstacle majeur. Elle explique en partie pourquoi les lunettes avec affichage restent souvent épaisses.
« Si des lunettes avec affichage sont lancées, un certain niveau d’usage quotidien devra être garanti. C’est très difficile. Le travail continue. »

A 38-year industry veteran and award-winning journalist, Lance has covered technology since PCs were the size of suitcases and “on line” meant “waiting.” He’s a former Lifewire Editor-in-Chief, Mashable Editor-in-Chief, and, before that, Editor in Chief of PCMag.com and Senior Vice President of Content for Ziff Davis, Inc. He also wrote a popular, weekly tech column for Medium called The Upgrade.
Lance Ulanoff makes frequent appearances on national, international, and local news programs including Live with Kelly and Mark, the Today Show, Good Morning America, CNBC, CNN, and the BBC.