L'IA fait gagner 52% de temps aux développeurs, mais un quart du code pose problème

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(Crédit photo: Shutterstock / Gorodenkoff)

  • La programmation devient plus accessible et les développeurs soumettent davantage de lignes de code que jamais.
  • Les relecteurs doivent gérer une charge de travail croissante, sans toujours savoir si l'IA a été utilisée.
  • La Linux Foundation appelle à mettre en place des mécanismes de « gouvernance, de transparence et de confiance ».

Un nouveau rapport de la Linux Foundation confirme ce que beaucoup soupçonnaient déjà. L'intelligence artificielle permet de réduire considérablement le temps nécessaire à la programmation, mais elle n'améliore pas automatiquement la qualité du code.

Les chercheurs ont constaté que l'IA pouvait réduire de 52 % le temps consacré à l'écriture du code. Pourtant, un quart (25 %) des demandes de fusion de code, ou pull requests, sont considérées comme du « slop » généré par IA, autrement dit des contributions de mauvaise qualité.

Les avantages sont bien réels, puisque 71 % des mainteneurs reconnaissent que l'IA a facilité l'accès à la programmation. Mais au lieu d'améliorer la productivité de bout en bout, elle semble surtout déplacer les difficultés vers les étapes suivantes du développement.

Générer du code plus vite ne signifie pas produire des logiciels plus rapidement

Si l'IA permet aux développeurs de générer du code plus rapidement, les mainteneurs doivent toujours en vérifier la qualité et la sécurité. Or, avec l'augmentation du volume de contributions, ils se retrouvent confrontés à davantage de vérifications humaines que jamais.

La technologie commence également à démontrer son utilité pour certaines tâches de revue de code relativement simples. En revanche, un répondant sur cinq (21 %) estime que l'utilisation de l'IA augmente le temps nécessaire aux tâches les plus complexes.

Les rapports générés par IA ont déjà produit de faux positifs et des signalements en double, faisant perdre du temps aux relecteurs. Il y a quelques années, on parlait beaucoup de l'épuisement professionnel des développeurs. Aujourd'hui, le problème semble se déplacer vers les mainteneurs chargés de vérifier leurs contributions.

La Linux Foundation souligne également les difficultés liées au transfert du code entre son auteur et la personne qui doit l'examiner. Seuls trois développeurs sur cinq (61 %) déclarent procéder à une revue approfondie avant de soumettre leur travail. Par ailleurs, tous ne précisent pas à leurs relecteurs qu'ils ont utilisé l'IA.

Le rapport reconnaît finalement que l'IA s'est durablement installée dans la programmation. Hilary Carter, vice-présidente senior de la recherche, invite donc les projets à « définir des attentes claires concernant l'IA générative, à responsabiliser les contributeurs sur les tests et la transparence, et à donner aux mainteneurs de meilleurs outils pour gérer les pull requests reçues ».

« La réponse n'est pas de ralentir l'innovation, mais de mettre en place les mécanismes de gouvernance, de transparence et de confiance qui permettent les contributions assistées par IA », ajoute Mark Collier, directeur général de l'IA et des infrastructures.


Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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