L'adoption de l'IA progresse, mais les difficultés techniques aussi

Virtual assistant and CRM software automation technology. Customer using online service with chat bot to get support.
(Crédit photo: Shutterstock/Miha Creative)

  • Une nouvelle étude révèle un décalage important entre la perception des employeurs et le ressenti des salariés.
  • Les travailleurs hybrides rencontrent davantage de difficultés avec les outils de collaboration.
  • Près de la moitié des employés déclarent utiliser des logiciels non approuvés plutôt que ceux fournis par leur entreprise.

Une nouvelle étude de Ricoh révèle que les entreprises investissent massivement dans l'intelligence artificielle pour leurs salariés. Mais ces derniers ne constatent pas nécessairement les gains de productivité promis. Ce décalage rejoint les interrogations sur l'efficacité réelle de l'IA au travail.

Le contraste est frappant. Alors que 91 % des décideurs estiment que leurs investissements dans l'IA produisent les résultats attendus, plus d'un salarié sur deux (53 %) considère que ces outils créent des difficultés ou du travail supplémentaire.

De leur côté, 55 % des employés affirment que le temps consacré à gérer des technologies peu performantes nuit directement à leur productivité.

Les entreprises ne fournissent pas les bons outils d'IA à leurs salariés

Ricoh a examiné quatre grandes catégories de technologies professionnelles : les outils d'intelligence artificielle, les solutions de communication et de collaboration, les outils d'accès aux données et les logiciels de gestion des flux de travail. Parmi ces différentes catégories, l'IA s'est révélée être celle qui apportait le moins de gains de productivité.

Une écrasante majorité de décideurs (90 %) se montre également optimiste quant à la bonne intégration de leurs outils et systèmes informatiques. Pourtant, trois salariés sur quatre (76 %) réclament des solutions capables de mieux fonctionner ensemble. Un fossé qui rappelle celui observé dans une autre étude sur la préparation des salariés à l'IA.

Amy Loomis, vice-présidente du groupe Workplace Solutions chez IDC, explique que la fragmentation des technologies, des données et des processus de travail crée une complexité évitable, que les employés doivent bien souvent gérer eux-mêmes.

Malgré l'essor du télétravail, seuls 14 % des salariés travaillant à domicile déclarent rencontrer des difficultés de collaboration, contre 16 % des employés présents au bureau. Le problème touche surtout les travailleurs hybrides. Parmi eux, 25 % estiment que le manque d'intégration entre les systèmes complique la collaboration avec leurs collègues lorsqu'ils alternent entre plusieurs environnements de travail.

Conséquence, près de la moitié des salariés (45 %) reconnaissent utiliser au moins une fois par mois des outils non approuvés par leur entreprise, notamment des solutions de shadow AI. Cette pratique, qui consiste à employer des outils d'intelligence artificielle sans validation du service informatique, constitue selon Ricoh un véritable casse-tête en matière de gouvernance. Les employeurs peinent alors à garder une visibilité sur les technologies réellement utilisées.

Pourtant, quatre décideurs sur cinq (81 %) reconnaissent que leurs entreprises investissent dans de nouvelles technologies plus rapidement qu'elles n'accompagnent les salariés dans leur adoption. Un constat qui montre que les employeurs ont conscience de leurs propres lacunes.

Bob Lamendola, responsable des services numériques et de leur déploiement chez Ricoh North America, estime que les entreprises doivent mieux coordonner les technologies, les informations et les processus dont elles disposent déjà. Il appelle ainsi les organisations à ralentir le rythme des déploiements pour se concentrer sur les domaines où de nouveaux outils, notamment l'IA, peuvent réellement apporter une valeur ajoutée.


Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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