Pour Apple, l’Europe transforme la technologie en expérience au rabais
Pour Apple, l’innovation n’a plus sa place dans le cadre imposé par l’UE
- Apple critique frontalement les lois européennes lors d’un nouveau point presse
- La traduction en direct via les AirPods est la dernière fonctionnalité absente du marché européen
- Selon Apple, l’Union européenne « nuit à la confidentialité et à la sécurité »
Après des années de surveillance réglementaire en provenance de Bruxelles – incluant de lourdes amendes, l’obligation de boutiques d’applications tierces et bien d’autres contraintes – les dirigeants d’Apple prennent la parole pour dénoncer la pression exercée par la bureaucratie européenne. D’après eux, les utilisateurs sont privés de « l’expérience magique et innovante » propre à l’écosystème Apple.
« Les régulateurs européens veulent faire disparaître cette magie – celle d’une expérience parfaitement intégrée que propose Apple – pour nous rendre semblables aux autres », a déclaré Greg Joswiak, dirigeant de l’entreprise, lors d’une conférence de presse relayée par la BBC.
Cette sortie médiatique accompagne le lancement des AirPods Pro 3, intégrant une nouvelle fonction de traduction en direct permettant d’entendre instantanément une langue traduite dans ses écouteurs. Toutefois, cette fonctionnalité ne sera pas disponible en Europe, car Apple devrait effectuer un travail supplémentaire pour la rendre compatible avec d’autres appareils que ses propres AirPods et iPhones.
Cette exigence d’interopérabilité figure au cœur des demandes de l’Union européenne, et représente un pilier du Digital Markets Act (DMA), entré en vigueur en 2022. L’UE considère qu’un écosystème fermé nuit aux consommateurs – ce qui a conduit, entre autres, au blocage initial d’Apple Intelligence dans l’UE – alors qu’Apple y voit au contraire un atout.
« Un frein à l’innovation »
Les « bureaucrates de Bruxelles » sont accusés de « dégrader l’expérience de leurs citoyens – nos utilisateurs », a poursuivi Joswiak. « Ils freinent l’innovation, portent atteinte à notre propriété intellectuelle et nuisent à la confidentialité ainsi qu’à la sécurité. »
En ouvrant ses plateformes à du matériel et des logiciels tiers – par exemple via le téléchargement d’applications en dehors de l’App Store – Apple affirme devoir affaiblir la sécurité et détériorer la qualité d’une expérience qu’elle estime unique à son écosystème fermé.
« Ces règles européennes sont une bonne chose pour les consommateurs, car elles leur donnent le choix de l’appareil à utiliser et permettent aux produits de mieux communiquer entre eux », a précisé Sébastien Pant, représentant de l’organisation européenne de défense des consommateurs BEUC, auprès de la BBC.
Le débat reste loin d’être clos. Apple n’est d’ailleurs pas la seule entreprise concernée. L’UE continue de revendiquer le droit de déchiffrer les messages privés sur des applications comme WhatsApp ou Signal, au nom de la sécurité et de l’efficacité des forces de l’ordre – une démarche vivement contestée par de nombreuses entreprises technologiques, pour qui le chiffrement privé reste non négociable.
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Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.
- David NieldFreelance Contributor