L’Europe durcit le ton face aux géants américains et chinois avec une nouvelle offensive sur sa souveraineté technologique

European Commission President Ursula von der Leyen speaking at a press conference on the EU digital age verification application in Brussels, Belgium, on April 15, 2026.
(Crédit photo: Photo by Dursun Aydemir/Anadolu via Getty Images)

  • L’UE dévoile le Chips Act 2.0, le CADA et sa stratégie pour les logiciels open source
  • L’objectif consiste à réduire la dépendance aux hyperscalers étrangers et à soutenir le secteur du cloud européen
  • Le CISPE s’inquiète de failles qui pourraient encore permettre aux hyperscalers américains de continuer à opérer

La Commission européenne a présenté un vaste paquet « souveraineté technologique » destiné à réduire la dépendance de l’Union aux fournisseurs technologiques étrangers, en visant en particulier les entreprises américaines et chinoises.

Trois initiatives distinctes composent ce dispositif, dont le Chips Act 2.0 de l’UE, le Cloud and AI Development Act et la stratégie européenne pour les logiciels open source.

Attendues, ces mesures répondent aux critiques sur la dépendance de l’Europe aux fabricants étrangers de semi-conducteurs, aux fournisseurs d’infrastructures cloud, aux clouds de calcul et à d’autres solutions logicielles.

L’Europe présente ses plans pour réduire sa dépendance aux fournisseurs technologiques étrangers

Avant tout, le Chips Act 2.0 de l’UE s’inscrit dans la continuité du premier Chips Act, principalement centré sur les semi-conducteurs et la production. Les décideurs ont finalement jugé qu’il n’avait pas réussi à accroître les capacités de production de puces et que le marché reste dominé par des fournisseurs américains.

Le nouveau dispositif prévoit d’étendre les capacités de R&D en semi-conducteurs, d’améliorer l’accès aux investissements privés et de soutenir des lignes pilotes de production, mais il se rapproche aussi, dans une certaine mesure, du modèle soutenu par l’État chinois.

Par ailleurs, le Cloud and AI Development Act (CADA) répond aux inquiétudes liées à la dépendance persistante de l’Europe aux hyperscalers non européens. La Commission souhaite développer les ressources de calcul, améliorer la disponibilité et le déploiement des infrastructures d’IA et encourager les investissements dans les fournisseurs cloud européens.

La troisième annonce majeure concerne la stratégie européenne pour les logiciels open source, qui prévoit d’encourager et de promouvoir davantage l’utilisation de logiciels open source (OSS) au sein des institutions européennes.

Dans l’ensemble, ces mesures visent à renforcer les capacités technologiques en Europe, à attirer davantage d’investissements et à créer plus d’emplois dans le secteur.

Cependant, certaines parties du marché restent insatisfaites. Le CISPE, qui représente près de 50 entreprises européennes du cloud, estime que plusieurs points manquent encore de précision et d’application stricte. L’organisation s’inquiète notamment de classifications trop faibles qui pourraient permettre à des fournisseurs non européens de se qualifier. « Le texte ne demande même pas aux acheteurs d’examiner des alternatives européennes », indique l’organisation, appelant l’UE à « combler les failles qui pourraient être utilisées pour contourner les règles ».


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