Des utilisateurs quittent ChatGPT pour Claude… puis découvrent une surprise de taille
Un changement qui déroute les nouveaux venus
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Un grand nombre de personnes annulent leur abonnement à ChatGPT et passent à Claude. Cet exode a commencé après l’annonce par OpenAI d’un accord avec le Pentagone. Anthropic, l’entreprise derrière Claude, a toutefois précisé qu’elle ne suivrait pas la même voie, maintenant ses restrictions concernant l’usage de l’IA pour la surveillance de masse des citoyens américains et pour les armes autonomes.
Il est impossible de savoir précisément combien de personnes ont effectué ce changement, mais Claude a dépassé ChatGPT en nombre de téléchargements sur l’App Store d’Apple.
En migrant, parfois sans vérifier au préalable si Claude correspond réellement à leurs besoins, beaucoup découvrent des différences significatives entre Claude et ChatGPT. L’interface est différente. Claude se montre moins complaisant. Et ses limites d’utilisation ont réellement surpris certains nouveaux utilisateurs. Contrairement à ChatGPT, il n’est pas possible d’entretenir une conversation apparemment illimitée avec Claude, même avec un abonnement payant.
Comprendre les limites d'utilisation de Claude
Pour toute personne venant de ChatGPT, ces limites d’usage peuvent être vécues comme un choc. « Pour les nouveaux utilisateurs, c’est une surprise », explique Kyle Balmer, formateur en IA qui aide son audience à comprendre Claude et cet exode récent. « Ils sont habitués à l’usage pratiquement illimité offert par ChatGPT, ce qui a provoqué une vague d’indignation ces derniers jours lorsque les nouveaux venus ont réalisé à quel point Claude peut être restrictif — surtout avec son modèle le plus avancé, Opus. »
Comme ChatGPT, Claude fonctionne avec différents modèles, appelés Haiku, Sonnet et Opus, allant du plus rapide et léger au plus lent et puissant. Le problème est que le plus performant consomme rapidement le quota disponible.
L’offre gratuite est limitée, comme c’est le cas pour la plupart des outils d’IA. La véritable surprise réside dans le fait que l’abonnement payant à 20 dollars par mois n’est pas beaucoup plus généreux. « Quelques échanges avec Opus suffisent à épuiser le quota pour la journée », précise Balmer. « Même si Opus est techniquement accessible avec l’abonnement à 20 dollars, dans les faits, Sonnet est le seul modèle que la majorité des utilisateurs peut réellement exploiter. »
Combien d’échanges sont possibles avant d’atteindre la limite ? Les chiffres exacts restent difficiles à déterminer. Anthropic ne publie pas de données précises, et les plafonds varient selon le modèle utilisé et la longueur des messages. Certains utilisateurs indiquent atteindre la limite après seulement dix à quinze échanges conséquents avec Opus en version gratuite, parfois moins.
Les utilisateurs de longue date de Claude se sont majoritairement adaptés, soit en passant à une offre supérieure, soit en apprenant à mieux gérer leur usage. L’abonnement supérieur, Max, est proposé à 100 dollars par mois, et c’est là que la situation devient intéressante. « Ces formules Max sont très généreuses en termes d’usage », affirme Balmer. « En réalité, elles offrent bien plus d’utilisation que si l’on passait par l’API. Anthropic pourrait même y perdre de l’argent. Pour ceux qui en ont les moyens, c’est l’une des meilleures offres actuelles en matière d’IA. »
Mais l’expression « pour ceux qui en ont les moyens » est déterminante. Pour la plupart des personnes, 100 dollars par mois ne constituent tout simplement pas une option envisageable.
Pourquoi Claude est-il conçu ainsi ? Ces limites ne sont ni accidentelles ni liées à un oubli. Elles reflètent un modèle économique fondamentalement différent. « Claude s’est toujours concentré sur les développeurs et le marché professionnel », explique Balmer. « Anthropic vise un nombre restreint de clients à forte valeur, tandis qu’OpenAI a choisi une stratégie de volume, avec l’objectif d’atteindre un milliard d’utilisateurs. » Claude n’a jamais réellement été pensé pour le grand public. La vague actuelle de nouveaux utilisateurs constitue peut-être une surprise pour tout le monde, y compris pour Anthropic.
Peut-être avons-nous besoin de plus de limites ?
Une hypothèse mérite d’être envisagée : et si la limite d’usage était finalement une bonne chose ? Cela peut sembler paradoxal pour quiconque souhaite rentabiliser pleinement son abonnement, mais la dépendance excessive à la technologie est un sujet bien documenté, au point d’avoir fait l’objet d’un ouvrage entier intitulé Screen Time.
Il est certain qu’atteindre la limite en plein projet et se voir indiquer que le quota quotidien est épuisé peut être frustrant. Mais en prenant du recul, l’existence d’un point d’arrêt n’est peut-être pas entièrement négative.
Les technologies sans limites ont tendance à produire des effets délétères. La Commission européenne a récemment estimé que TikTok enfreignait le Digital Services Act en raison d’un design jugé addictif, notamment à cause du défilement infini. Le mécanisme diffère avec Claude, mais le principe présente des similitudes. Un accès fluide et sans fin peut encourager une consommation automatique. Une interruption impose une pause.
Cette pause pourrait avoir plus d’importance qu’il n’y paraît. Le concept de « smoothout », forgé par la journaliste et autrice Ellen Scott, désigne une forme spécifique d’épuisement liée à une dépendance excessive à l’IA. L’idée est que le cerveau a besoin de friction et de défi pour rester engagé et en bonne santé. Lorsque trop de réflexion est externalisée, il ne s’agit pas seulement d’une baisse d’effort, mais d’un sentiment d’aplatissement. Moins de motivation, moins de satisfaction, moins de bien-être mental.
Le conseil formulé par Scott consiste à réfléchir avant de recourir à l’IA, notamment pour les aspects du travail qui ont une importance personnelle. La limite imposée par Claude pourrait, involontairement, contribuer à cela.
Il convient toutefois de préciser qu’Anthropic n’a pas instauré ces limites pour le bien-être des utilisateurs. Il s’agit avant tout d’une décision économique et stratégique. Mais les effets secondaires d’un choix commercial peuvent parfois s’avérer positifs.
La question de la dépendance émotionnelle se pose également. Au cours de l’année écoulée, de nombreux témoignages ont mis en lumière l’attachement émotionnel réel que certaines personnes développent envers des outils d’IA, en particulier ChatGPT, suscitant l’inquiétude de psychologues et de chercheurs. La disponibilité permanente de ces outils facilite ce type de dépendance. Une limite d’usage introduit une interruption dans ce schéma, incitant à se demander si l’outil est réellement nécessaire à ce moment précis.
Les gens resteront-ils fidèles à Claude ?
Les utilisateurs resteront-ils fidèles à Claude une fois confrontés à la rapidité avec laquelle les limites s’appliquent ? Balmer n’en est pas certain. « Je pense que certains retourneront probablement à leur ancienne habitude d’utiliser ChatGPT », indique-t-il. Il ajoute toutefois que, malgré ses réserves, Claude demeure selon lui la meilleure option pour la majorité des personnes à l’heure actuelle.
Il rappelle également que la situation ne se résume pas à une opposition simpliste entre bons et mauvais acteurs. « Cela reste une entreprise dirigée et détenue par des milliardaires », souligne-t-il à propos d’Anthropic. « Il ne faut pas s’enthousiasmer excessivement à l’idée de la soutenir. »
La vague de migration vers Claude s’est accompagnée d’une dimension morale, d’un sentiment de soutenir une option perçue comme plus éthique. Cette perception mérite probablement d’être examinée avec prudence.
Qu’Anthropic apparaisse ou non comme le héros de cette histoire, la question soulevée indirectement par ses limites d’usage demeure pertinente. Quelle quantité d’IA est réellement nécessaire ? À quand remonte la dernière confrontation avec un problème avant d’en déléguer la résolution ? La limite relève d’une décision commerciale, mais l’usage de cette pause dépend de chacun.

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.