La NASA en dit plus sur sa future base lunaire, et les astronautes pourraient bien devoir tout monter eux-mêmes
Le pari lunaire américain
- La NASA dévoile plusieurs missions lunaires pour développer le pôle Sud de la Lune
- Des entreprises privées décrochent d’importants contrats pour des systèmes de surface lunaire
- Blue Origin, Astrobotic, Astrolab et Lunar Outpost obtiennent des rôles majeurs dans les plans de la NASA pour l’économie lunaire
Lors d’un événement organisé récemment au siège de la NASA, à Washington, l’agence a annoncé de nouveaux contrats pour des rovers lunaires et des atterrisseurs cargo destinés à la Lune.
La NASA a partagé les calendriers de lancement et les prochaines étapes des premières missions d’infrastructure Moon Base dans la région du pôle Sud lunaire, avant les alunissages des astronautes du programme Artemis.
L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a déclaré que chaque mission, avec ou sans équipage, offrirait une occasion d’apprendre, alors que l’agence prépare son retour à la surface lunaire et la construction d’infrastructures destinées à s’y installer durablement.
La NASA détaille la première séquence de missions Moon Base
Selon la NASA, il s’agira du premier avant-poste américain et humain sur un autre monde.
La NASA a annoncé les trois premières missions Moon Base, destinées à lancer la construction d’opérations durables dans la région du pôle Sud lunaire au cours des prochaines années.
Moon Base I doit être lancée au plus tôt à l’automne 2026, avec l’atterrisseur Blue Moon Mark 1 Endurance de Blue Origin, afin d’acheminer avec succès des charges utiles de la NASA.
Moon Base II doit être lancée plus tard cette année et livrera plus de 500 kilos de cargaison à bord de l’atterrisseur Griffin d’Astrobotic, dont le système de rover FLIP d’Astrolab.
Moon Base III est également prévue pour cette année et emportera la première charge utile sélectionnée dans le cadre du programme Payloads and Research Investigations on the Surface of the Moon de la NASA.
La NASA a attribué 219 millions de dollars à Astrolab et 220 millions de dollars à Lunar Outpost pour construire et livrer la première phase des Lunar Terrain Vehicles (LTV), dans le cadre du programme CLPS.
Le Crewed Lunar Vehicle d’Astrolab, adapté de l’architecture FLEX de l’entreprise, est un rover habité conçu pour transporter des astronautes et acheminer du matériel lors d’opérations éloignées à la surface.
Pegasus, développé par Lunar Outpost, est une évolution plus légère et prête pour les missions de son rover Eagle, conçue explicitement pour répondre aux nouvelles exigences de la NASA en matière de mobilité lunaire habitée.
Déployer plusieurs LTV dès les premières étapes du développement de Moon Base permettra d’accélérer les démonstrations technologiques, d’éclairer la planification des sites et de réduire les risques opérationnels avant les missions Artemis habitées.
L’économie lunaire de la NASA n’existe encore que sur le papier
Pour acheminer ces rovers vers la région du pôle Sud lunaire, la NASA a attribué 188 millions de dollars à Blue Origin, avec une période optionnelle de 280,4 millions de dollars, pour deux bons de commande au total.
Interrogé sur le calendrier d’une installation permanente, García-Galán, responsable du programme lunaire, a expliqué que la phase 2 introduirait un rover pressurisé permettant aux astronautes de vivre et de travailler à la surface pendant de courts séjours.
Il a reconnu que la difficulté tient au fait que le programme Apollo et d’autres missions robotiques n’ont exploré qu’une fraction de la surface lunaire.
Cela signifie qu’il existe d’immenses zones d’ombre sur le terrain, l’emplacement de la glace d’eau et les dangers liés aux radiations.
La NASA enverra toutefois des astronautes sur des missions de plus en plus difficiles, afin d’explorer davantage la Lune à des fins de découverte scientifique et de bénéfices économiques.
La NASA engage près d’un milliard de dollars dans ces contrats, mais les bénéfices économiques promis restent spéculatifs, sans garantie qu’ils se concrétisent.
L’agence parie qu’une ressource de valeur sera découverte en chemin, mais ce pari repose sur d’immenses inconnues.
Pour l’instant, l’économie lunaire n’existe que dans les présentations et les communiqués de presse, pas à la surface de la Lune.
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