La pénurie de RAM pourrait durer jusqu'en 2030, et les robots risquent d'aggraver la situation

An angry PC Gamer sat at their desk looking unhappy about the price of a RAM upgrade
(Crédit photo: ShutterStock)

  • SK Hynix vient de publier ses résultats financiers du troisième trimestre 2026.
  • Le fabricant estime que la crise de la RAM pourrait durer jusqu'en 2030.
  • Après cette échéance, la demande liée à l'« IA physique », notamment aux véhicules autonomes et à la robotique, pourrait exercer une pression supplémentaire sur les stocks de mémoire.

Désolé d'apporter encore de mauvaises nouvelles concernant la crise de la RAM, mais une nouvelle prévision laisse entendre que les difficultés d'approvisionnement pourraient persister jusqu'à la fin de la décennie.

Cette fois, c'est SK Hynix qui remet le sujet sur la table. Le fabricant de puces mémoire vient de publier ses derniers résultats financiers, comme l'a relevé Wccftech. Sans grande surprise, ses bénéfices s'envolent. Mais le groupe a également livré sa dernière analyse de la pénurie de RAM et de sa durée probable.

Dans son communiqué consacré aux résultats du troisième trimestre 2026, SK Hynix résume ainsi sa prévision : « La pénurie de mémoire devrait persister jusqu'en 2030. »

Cette phrase donne son titre à une section consacrée aux difficultés d'approvisionnement. Le fabricant y précise : « L'entreprise estime que l'offre […] ne suit pas le rythme de croissance du marché. Compte tenu des difficultés techniques liées aux procédés de fabrication les plus avancés et des longs délais nécessaires à la construction de nouvelles installations de production, elle s'attend à ce que la demande continue de dépasser l'offre jusqu'en 2030. »

SK Hynix prévoit également de maintenir la croissance de son chiffre d'affaires, qui a dépassé 100 000 milliards de wons au troisième trimestre, une première sur un seul trimestre. À court terme, cette progression devrait être portée par les entreprises et l'IA. À moyen et long terme, le groupe compte aussi sur « la demande d'IA physique, notamment dans les domaines de la conduite autonome et de la robotique ».


Un « cercle vertueux » pour les actionnaires, un cauchemar pour les consommateurs

A robot with arms crossed writing advanced math on a chalkboard

(Image credit: Shutterstock)

Il est intéressant de constater que SK Hynix voit les robots, ou l'« IA physique », comme un moteur majeur de la demande de mémoire à plus long terme, même si l'essor de l'IA logicielle, notamment des agents autonomes, devait ralentir à l'approche de la fin de la décennie. Micron formule exactement la même prévision. Le fabricant a récemment été encore plus précis, en estimant que certains robots humanoïdes pourraient nécessiter 200 Go de RAM, voire davantage, ainsi que plusieurs téraoctets de stockage par unité.

Les grands fabricants de mémoire partagent donc une vision similaire. Cela n'a rien de très surprenant : ils ont tout intérêt à mettre en avant leurs perspectives de bénéfices et à convaincre les investisseurs que le secteur ne se trouve pas au milieu d'une bulle spéculative. Il est donc logique qu'ils cherchent à identifier de nouveaux marchés susceptibles de soutenir durablement leur croissance.

Ces prévisions reposent néanmoins sur des tendances bien réelles. Pour les consommateurs, deux éléments sont particulièrement inquiétants. D'abord, un nombre croissant d'analystes et d'acteurs majeurs de l'industrie technologique envisagent désormais une pénurie de RAM qui se prolongerait jusqu'en 2030. Ensuite, les robots pourraient prendre le relais des data centers dédiés à l'IA et entretenir la demande de mémoire au début de la prochaine décennie.

Il ne reste qu'à espérer que Micron et SK Hynix surestiment les besoins futurs de ces robots particulièrement gourmands en RAM. La situation dépendra évidemment de leur vitesse d'adoption, mais aussi de la quantité de mémoire dont chaque machine aura réellement besoin.

En attendant, SK Hynix affirme que le « cercle vertueux » créé par les gains de productivité de l'IA, lesquels favorisent à leur tour les investissements dans les infrastructures et les data centers, devrait se poursuivre. Il pourrait même « s'étendre aux entreprises de tous les secteurs et aux initiatives nationales », avec pour conséquence une croissance toujours régulière du marché mondial des infrastructures de data centers dédiées à l'IA.

Pour les propriétaires de PC et les joueurs, il est difficile de voir quoi que ce soit de réellement « vertueux » dans l'évolution récente du prix de la mémoire. Les actionnaires de SK Hynix et des autres grands fabricants de puces, en revanche, ont probablement peu de raisons de se plaindre. Ils peuvent sans doute encore s'offrir un très beau PC, même dans le contexte actuel de flambée des prix des composants.



Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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