Meta et YouTube accusés de reprogrammer le cerveau des enfants. Un procès pourrait tout changer

Instagram app on an iPhone
(Crédit photo: Lance Ulanoff/Future)

  • Un procès majeur sur l’addiction aux réseaux sociaux se déroule à Los Angeles
  • Les avocats de la plaignante soutiennent que les réseaux sociaux sont volontairement conçus pour créer une dépendance chez les enfants
  • Meta et YouTube affirment que leurs plateformes sont sûres pour les jeunes utilisateurs

Les plateformes comme Instagram et YouTube ont-elles « conçu une addiction dans le cerveau des enfants » ?

Telle est la question au cœur d’un procès sur l’addiction aux réseaux sociaux actuellement jugé à Los Angeles, opposant Meta et YouTube à une plaignante qui accuse les entreprises d’avoir intentionnellement créé des plateformes dangereusement addictives.

L’enjeu dépasse largement cette affaire. L’issue du procès pourrait influencer près de 1 500 autres actions similaires engagées contre les géants des réseaux sociaux (via CNN) et alimenter la contestation croissante visant ces plateformes, en particulier lorsqu’il s’agit des jeunes utilisateurs.

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A woman with a smartphone walks past a billboard advertisement for YouTube on September 27, 2019 in Berlin, Germany

(Image credit: Sean Gallup via Getty Images)

Comparant le geste de faire défiler un fil social au mouvement consistant à tirer sur la « manette d’une machine à sous » dans la recherche d’une stimulation mentale, l’avocate de la plaignante – identifiée uniquement comme Kaley (et par ses initiales KGM) – affirme que YouTube et Instagram fonctionnent comme des « casinos numériques », avec des fonctionnalités qui instaurent un cycle addictif de décharges de dopamine.

Selon l’avocate, cette addiction aux réseaux sociaux aurait conduit Kaley à développer de l’anxiété, une dysmorphophobie et des pensées suicidaires.

L’affaire vise spécifiquement certaines fonctionnalités des réseaux sociaux – telles que les fils à défilement infini (qui ne se terminent jamais, quelle que soit la distance parcourue) – plutôt que les contenus publiés sur les plateformes, ces derniers étant protégés par la Section 230 du droit fédéral américain.

L’avocat de Meta soutient pour sa part que les difficultés psychologiques de KGM trouveraient leur origine dans la dynamique familiale. Des porte-parole de l’entreprise ont déclaré que Meta « conteste fermement ces accusations et est confiante dans le fait que les preuves démontreront son engagement de longue date en faveur du soutien des jeunes ».

YouTube rejette également ces accusations. Un porte-parole a affirmé que « offrir aux jeunes une expérience plus sûre et plus saine a toujours été au cœur de notre travail ». L’avocat de YouTube doit présenter la déclaration liminaire de l’entreprise le mardi 10 février.

La maison mère de Snapchat, Snap, ainsi que TikTok figuraient initialement parmi les défendeurs. Toutefois, les deux sociétés ont conclu un accord avec KGM et ne sont plus parties à la procédure.

Un aperçu de la suite

A group of cubes all displaying social media logos

(Image credit: Shutterstock/Bloomicon)

Il ne s’agit que du début d’une procédure appelée à durer six semaines – et qui pourrait se prolonger davantage en cas d’appel. Il est donc impossible de prévoir la décision du jury. Cette affaire constitue néanmoins un nouvel épisode de contestation quant à la manière dont les plateformes sociales sollicitent les jeunes publics.

Plusieurs projets de loi ont été proposés ou adoptés afin de restreindre l’accès à ces sites par un renforcement des contrôles d’âge au Royaume-Uni, en Australie et plus récemment en France.

Dans une autre procédure engagée en Californie, cette fois par des procureurs généraux d’État, les autorités demandent à un juge fédéral d’obliger Meta à supprimer tous les comptes identifiés comme appartenant à des utilisateurs de moins de 13 ans, à effacer toutes les données collectées auprès des utilisateurs de Facebook et Instagram de moins de 13 ans, et à supprimer les algorithmes et autres outils développés à partir de ces données.

Certains membres de ce groupe réclament également que Meta impose de nouvelles restrictions pour les jeunes utilisateurs et supprime ce qu’ils qualifient de fonctionnalités « addictives » comme la lecture automatique et le défilement infini – une fonctionnalité mise en avant dans la plainte de KGM mentionnée plus haut.

Parallèlement, certaines entreprises de réseaux sociaux semblent chercher à anticiper cette réaction en renforçant les mesures de sécurité destinées aux jeunes utilisateurs. Meta a, ces dernières années, déployé des fonctionnalités spécifiques pour les comptes adolescents, incluant des options particulières de sécurité et de filtrage des contenus pour les moins de 16 ans.

Plus récemment, Discord a annoncé la mise en place, à l’échelle mondiale, de contrôles de vérification d’âge dès le début du mois de mars. Tous les utilisateurs devront fournir une pièce d’identité ou se soumettre à une estimation d’âge par reconnaissance faciale afin d’accéder sans restriction à la plateforme.

Cependant, les entreprises doivent également composer avec un équilibre délicat entre la satisfaction des législateurs en matière de sécurité et le risque de mécontentement des utilisateurs – un mécontentement que Discord semble avoir suscité.

Il faudra attendre pour connaître l’issue de cette affaire, des nombreuses autres en cours, ainsi que des différentes mesures gouvernementales prises à l’égard des réseaux sociaux. Il apparaît néanmoins que des évolutions majeures semblent presque inévitables quant à la manière dont les jeunes pourront utiliser les plateformes en ligne. Les craintes liées à la protection de la vie privée et les frustrations d’usage, notamment chez les adultes face à certaines solutions proposées, laissent toutefois planer le doute sur la capacité de ces mesures à clore le débat sur la sécurité en ligne ou simplement à en transformer les contours.


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Hamish Hector
Senior Staff Writer, News

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