GoPro vient d’être racheté, et les nouvelles priorités de l’entreprise inquiètent pour l’avenir de ses caméras

All three of the GoPro Mission 1 series of action cameras side by side over a dark studio background
(Crédit photo: GoPro)

  • GoPro a été racheté par l’entreprise privée Starman Optical, spécialiste de la photonique optique
  • Bien que l’opération soit qualifiée de « fusion », Starman a versé 285 millions de dollars en numéraire
  • La nouvelle entreprise prévoit d’exploiter sa propriété intellectuelle sur les marchés de « la défense, du gouvernement, de la robotique et de l’aérospatial »

Les difficultés financières de GoPro ne sont plus un secret depuis quelque temps. L’annonce du rachat de l’entreprise pourrait donc, à première vue, sembler être une bonne nouvelle pour les amateurs de caméras d’action. Mais un examen plus attentif rend la situation nettement moins rassurante. Au point qu’il peut sembler préférable de repousser pour l’instant l’achat d’une caméra Mission 1, dont les précommandes viennent d’ouvrir cette semaine.

Dans un communiqué publié le 1er septembre, GoPro a annoncé son acquisition par Starman Optical Inc, une entreprise privée spécialisée dans la photonique optique. Bien que l’opération soit présentée comme une fusion, Starman a versé 285 millions de dollars en numéraire pour acquérir le fabricant de caméras d’action, dans le cadre d’une transaction qui prend également en charge les 92 millions de dollars de dette de GoPro.

C’est surtout le ton du communiqué qui soulève des interrogations. GoPro semble y minimiser son statut de fabricant de caméras grand public très appréciées et préfère décrire ses activités comme des « solutions d’imagerie leaders du secteur intégrant des optiques innovantes et avancées, une technologie qui définit le marché et un portefeuille de propriété intellectuelle associé ».

Cette formulation correspond parfaitement au profil de Starman, qui développe des transceivers optiques et des infrastructures associées et décrit son activité comme participant à la « fabrication de l’infrastructure IA américaine ». L’ensemble donne fortement l’impression que GoPro pourrait progressivement s’éloigner des caméras grand public pour se tourner davantage vers l’optique et les infrastructures liées à l’IA.

Une citation de Nick Woodman, CEO de GoPro, ne dissipe pas vraiment ces inquiétudes :

« Nous pensons que cette fusion permettra à GoPro de se développer sur les marchés grand public, commerciaux et de la défense en tant qu’entreprise américaine majeure dans les solutions d’imagerie et d’optique, en répondant à des enjeux importants de sécurité nationale liés aux caméras, à l’optique et aux infrastructures d’IA. Nous sommes ravis de nous associer à l’équipe de Starman afin de saisir cette opportunité et de jouer un rôle important dans l’avenir des États-Unis. »

Le grand public est bien mentionné, mais seulement brièvement avant une description beaucoup plus détaillée des autres marchés. Le communiqué assure par ailleurs que GoPro « continuera de soutenir pleinement ses produits grand public existants ainsi que sa plateforme d’abonnement et de cloud ». Ce genre de promesse demande toutefois à être confirmé sur la durée.

L'avenir des caméras GoPro

GoPro Mission 1 Pro ILS camera

La GoPro Mission 1 Pro ILS testée par Sam Kieldsen. (Image credit: Future | Sam Kieldsen)

La nouvelle gamme GoPro Mission 1 avait pourtant de quoi susciter beaucoup d’enthousiasme. Elle semblait marquer un nouveau départ pour une entreprise qui peinait à renouveler son offre et subissait une concurrence particulièrement agressive, notamment de la part du DJI Osmo Action 6.

L’idée d’une caméra d’action compatible avec des objectifs Micro Four Thirds est réellement originale. Et même pour un usage plus traditionnel, un modèle comme la Mission 1 Pro montre que GoPro recommence à innover après plusieurs années passées à multiplier les variantes relativement proches de ses Hero.

Mais l’intérêt d’une GoPro ne repose pas uniquement sur la caméra. L’écosystème joue un rôle essentiel : de nombreuses fonctions passent par l’application Quik ou deviennent au minimum beaucoup plus simples avec elle, tandis que les caméras d’action nécessitent généralement un vaste choix d’accessoires et de fixations.

L’achat d’une Mission 1 pose donc désormais plusieurs questions. L’application restera-t-elle compatible avec les appareils utilisés dans plusieurs années ? GoPro continuera-t-il à fournir des mises à jour du firmware ? Les accessoires correspondant à cette génération seront-ils encore fabriqués dans cinq ans ?

L’annonce de cette fusion n’apporte pas suffisamment de garanties sur ces différents points. Dans ces conditions, repousser pour l’instant l’achat d’une Mission 1 apparaît comme une décision prudente — en espérant que ces inquiétudes se révèlent finalement infondées.



Adrien Bar Hiyé
Senior Editor

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.

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