Sonos semble avoir enfin résolu l’audio domestique, surtout en faisant exactement ce que les utilisateurs demandaient — même avec l’IA
Une plateforme, Fabric et de nouveaux appareils pourraient transformer une entreprise qui sort de quelques années difficiles
Sonos, un nom longtemps synonyme de simplicité dans l’audio domestique, affiche un bilan beaucoup plus irrégulier ces dernières années. La qualité audio est restée constamment excellente, mais les efforts logiciels de l’entreprise ont alterné entre excès de fonctionnalités et manque de possibilités, laissant de nombreux clients non seulement indifférents, mais franchement frustrés.
Ses dernières nouveautés suivent une approche sensiblement différente : une plateforme unifiée baptisée Sonos 27 et les technologies capables de tout relier au sein d’un système appelé, sans grande subtilité, Sonos Fabric.
Cette impression s’est imposée mardi pendant une démonstration durant laquelle le relativement nouveau PDG de Sonos, Tom Conrad, passait d’un espace de démonstration reproduisant un salon à un autre avec une paire d’enceintes Sonos Play.
Il a posé les deux enceintes sur un meuble face à la nouvelle Sonos Beam Ultra puis, sans toucher à l’application Sonos ni modifier manuellement leurs réglages, les trois sources audio se sont transformées en un système surround unifié.
Une fois la démonstration terminée, Conrad a simplement repris les deux enceintes Sonos Play et les a replacées dans leur espace d’origine. Elles se sont alors reconnectées au réseau Wi-Fi Sonos traditionnel avant de reprendre automatiquement leur fonction habituelle.
Voilà Sonos 27 et Fabric à l’œuvre. Les produits Sonos détectent lorsqu’ils sont soulevés et déplacés, puis communiquent par ultrasons avec la Beam Ultra. Cette dernière crée ensuite un petit réseau maillé afin de mettre en place un système surround à très faible latence.
Le résultat donne presque l’impression d’assister à un tour de magie et correspond précisément au scénario idéal promis depuis longtemps par les systèmes audio constitués de plusieurs enceintes différentes.
Sonos permet depuis toujours à ses enceintes de communiquer et de créer des systèmes stéréo, mais un tel niveau d’automatisation n’était jamais réellement possible avant Fabric.
Cette combinaison de matériel et de logiciel pourrait séduire les clients existants et même attirer une nouvelle génération d’utilisateurs.
Faire ce qui a réellement du sens
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Le développement logiciel de Sonos semblait auparavant parfois manquer de direction et rester déconnecté des demandes des consommateurs. Sous la direction de Conrad, l’entreprise paraît désormais beaucoup plus concentrée sur les fonctions qui ont réellement du sens pour ses clients.
Sonos 27Voice en constitue un bon exemple. Cette technologie améliore l’intelligence de l’assistant vocal Sonos tout en restant fermement concentrée sur l’audio.
Lire l’entretien exclusif de TechRadar avec le PDG de Sonos, Tom Conrad [en anglais]
Plutôt que d’essayer de transformer une enceinte Sonos en hub vocal capable de contrôler toute la maison connectée, Sonos a choisi de maintenir 27Voice centré sur les fonctions propres à son écosystème, tout en y ajoutant une approche plus intelligente.
Pendant la démonstration, Conrad a formulé une question volontairement assez décousue au sujet d’un musicien. 27Voice a rapidement compris la demande et lancé la musique recherchée. À plusieurs reprises, des requêtes vagues ont ainsi conduit au résultat attendu.
L’autre décision stratégique particulièrement intéressante de Sonos repose sur l’ouverture de la plateforme.
Lorsqu’une question dépasse les capacités de l’assistant Sonos — par exemple pour demander comment cuire correctement un filet de viande — le système peut transmettre uniquement la requête à une autre intelligence artificielle choisie par l’utilisateur.
Cette ouverture fonctionne également dans l’autre sens. Des modèles d’IA comme Claude, ChatGPT et même Siri peuvent contrôler les enceintes Sonos via la nouvelle plateforme grâce à une technologie baptisée Sonos MCP.
Sonos tente également de corriger certaines erreurs du passé en veillant notamment à ce que les nouveaux produits qui rejoignent son écosystème soient immédiatement des membres complets et parfaitement intégrés de la famille Sonos.
De la musique aux oreilles
Le nouvel Ace Ultra, commercialisé 449 € en France, est ainsi un membre beaucoup plus complet de la famille Sonos que le casque Sonos Ace original.
Ce premier casque haut de gamme pouvait uniquement se connecter à la barre de son Sonos Arc.
Le nouvel Ace Ultra intègre le Sonos Headphone Engine 2, utilise Sonos Fabric et peut, d’une simple pression sur un bouton, récupérer le son de la Beam Ultra ou de n’importe quel autre appareil compatible de la gamme Sonos actuelle. La démonstration confirme qu’il s’agit réellement d’une opération réalisée en un seul geste.
La qualité audio constitue l’une des constantes de Sonos depuis 25 ans. Le rédacteur de TechRadar utilise d’ailleurs toujours au quotidien une paire vieillissante d’enceintes Play:1. Même après une période relativement courte avec la barre de son Beam Ultra et le casque Ace Ultra, leurs performances audio se sont montrées particulièrement convaincantes.
L’Ace Ultra promet 35 heures d’autonomie, avec trois heures supplémentaires récupérées après seulement trois minutes de recharge. Il adopte également un nouveau transducteur et un égaliseur adaptatif retravaillé, qui effectue un nouvel ajustement à chaque fois que le casque est porté.
Les différents morceaux sélectionnés depuis la nouvelle application Sonos pour iPad ont permis d’entendre des graves profonds, des aigus précis et des médiums chaleureux.
Sans comparaison directe avec le Sonos Ace original, le nouvel Ace Ultra se montre particulièrement confortable. Les nouvelles mousses des coussinets ainsi que l’amplitude et la flexibilité accrues de l’arceau permettent d’obtenir un ajustement et une isolation presque parfaits.
Le placement des boutons demande un petit temps d’adaptation, mais le curseur de volume se révèle particulièrement pratique puisqu’il sert également de bouton de mise en pause.
Un autre bouton permet de synchroniser rapidement le casque avec la Beam Ultra. La réduction active du bruit intégrée est également parvenue à éliminer efficacement le grondement continu d’un espace de démonstration particulièrement bruyant.
La Sonos Beam Ultra est de son côté une barre de son relativement compacte capable de produire un son particulièrement riche.
Elle embarque désormais neuf transducteurs, dont deux orientés vers le haut afin de faire rebondir notamment les dialogues sur les murs et le plafond. Sonos annonce ainsi un système surround 7.1.2.
Pendant la démonstration, le rendu s’est montré puissant, clair et spectaculaire. Une scène de Godzilla vs Kong donnait immédiatement l’impression que la Beam Ultra avait été pensée pour accompagner un téléviseur 4K dans une véritable configuration home cinéma.
La barre de son est commercialisée 699 € en France et semble particulièrement bien équipée pour transformer les performances audio d’un téléviseur peu convaincant.
L’Ace Ultra et la Beam Ultra sont tous deux disponibles en précommande, avec des premières expéditions prévues à partir du 29 septembre 2026.
Sonos semble également avancer avec davantage de prudence dans le déploiement de ses nouveautés. Certaines arriveront dès la semaine prochaine, tandis que d’autres seront progressivement proposées sous forme d’aperçus ou d’accès anticipés.
L’entreprise cherche manifestement à éviter une nouvelle catastrophe dans laquelle l’application Sonos changerait brutalement pour tous les utilisateurs, entraînant la disparition de certaines fonctions ou l’arrivée de nouveautés incomprises.
Sonos 27, Fabric et 27Voice comptent en tout cas parmi les évolutions les plus réfléchies proposées par l’entreprise depuis de nombreuses années. Elles pourraient transformer une collection disparate de produits Sonos en un ensemble réellement cohérent, pratique et agréable à écouter.
Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.
- Lance Ulanoff Editor At Large