Gemini dit non aux pubs pendant que ChatGPT ouvre la porte aux annonceurs
Pas d’interruptions chez Google, pour l’instant
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- Le PDG de Google DeepMind, Demis Hassabis, a affirmé qu’aucune publicité n’était prévue pour Gemini à ce stade
- Cette position tranche avec celle d’OpenAI, qui a commencé à afficher des publicités dans ChatGPT
- D’après Hassabis, un assistant sans publicité inspire davantage confiance
Google a réaffirmé cette semaine sa volonté de ne pas intégrer de publicité dans son assistant Gemini. Dans un entretien avec Alex Heath, Demis Hassabis, PDG de Google DeepMind, a déclaré que l’entreprise n’avait « aucun projet » en ce sens.
« Il n’y a pas d’intention d’intégrer de la publicité pour le moment », a-t-il précisé. « La priorité reste de se concentrer sur l’expérience utilisateur et sur la technologie centrale, afin de créer un meilleur assistant, sur un éventail plus large de cas d’usage et de formats. »
Cette prise de position prend une dimension particulière à la lumière des premiers essais d’OpenAI pour intégrer des publicités dans la version gratuite de ChatGPT et dans l’abonnement à petit prix ChatGPT Go. Hassabis n’a pas directement critiqué OpenAI, mais il a noté qu’il trouvait « intéressant qu’ils aient fait ce choix aussi tôt », en ajoutant qu’ils ressentaient peut-être « le besoin d’accroître leurs revenus ».
Cette rivalité révèle un clivage potentiel dans la manière dont les assistants IA seront financés, et dans ce que les utilisateurs expérimenteront au quotidien. Google souhaite clairement incarner le versant le plus rassurant de cette équation. Selon Hassabis, un « véritable assistant universel » doit inspirer confiance, en garantissant que ses recommandations soient « réellement bénéfiques, objectives et non biaisées ».
Plus tard, dans une interview pour Axios, Hassabis n’a pas totalement fermé la porte à la publicité. Il a insisté sur le fait que ses équipes « réfléchissaient très sérieusement » à la question, tout en affirmant qu’il n’y avait « aucune pression immédiate pour prendre une décision précipitée ».
L’écosystème Google
Une partie de cette assurance vient de l’écosystème même de Google. Gemini n’est pas une source majeure de revenus pour l’entreprise. La publicité reste largement assurée par la recherche, YouTube, Maps et la quasi-totalité des autres services du groupe, générant des dizaines de milliards de dollars. Gemini, en comparaison, représente un investissement stratégique à long terme. Google peut se permettre d’attendre. OpenAI, de son côté, ne dispose ni d’un empire publicitaire, ni d’une activité hardware : ses dépenses colossales en cloud doivent être compensées autrement.
Cela dit, la position de Google conserve une certaine souplesse. Hassabis n’a pas formulé d’interdiction définitive à l’égard des publicités. Il a plutôt présenté cette décision comme une question de timing et de confiance. Les réseaux sociaux ont déjà brouillé la frontière entre recommandations authentiques et contenus sponsorisés. TikTok et Instagram regorgent de publicités déguisées. Amazon intègre des annonces dans ses résultats de recherche de façon à peine perceptible. Et les utilisateurs s’en méfient de plus en plus.
Google le sait. C’est pourquoi Hassabis admet que l’intégration de publicités dans un assistant « pourrait fonctionner », mais uniquement si elle est pensée avec une extrême prudence. Autrement dit, oui, Gemini pourrait devenir un levier de revenus à terme, mais Google souhaite d’abord gagner la confiance des utilisateurs.
Pour l’instant, miser sur l’absence de publicité semble être une stratégie commerciale plus habile. Cela positionne Gemini comme un assistant au service de l’utilisateur, et non d’un annonceur. Et même si l’historique de Google en matière de publicité n’est pas irréprochable, cette volonté de maintenir Gemini sans pub marque un rare moment où l’expérience utilisateur passe avant la rentabilité.

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.
- Eric Hal SchwartzContributor