Un robot humanoïde ordonné moine bouddhiste en Corée du Sud, une première mondiale qui relance un débat brûlant
Un androïde dans le temple
- Des moines sud-coréens ont officiellement ordonné un robot humanoïde lors d’une cérémonie dans un temple bouddhiste
- Ce moine propulsé par l’IA a répondu avec assurance aux vœux spirituels pendant son rituel d’ordination
- Gabi a reçu un autocollant symbolique à la place de la traditionnelle brûlure à l’encens
Des moines sud-coréens du temple Jogyesa, à Séoul, ont ordonné un robot humanoïde comme moine bouddhiste.
La cérémonie s’est tenue avant les célébrations de l’anniversaire de Bouddha, en mai 2026.
Gabi, qui mesure seulement 130 centimètres et porte des robes bouddhistes traditionnelles grises et brunes, a joint ses mains métalliques dans une position de prière respectueuse pendant l’ordination.
L’intelligence artificielle entre au monastère
Lorsqu’un moine senior lui a demandé s’il se consacrerait au bouddhisme, Gabi a répondu : « Oui, Gabi s’y consacrera. » Les moines ont ensuite placé un chapelet traditionnel de 108 perles autour de son cou mécanique.
Au lieu de subir la brûlure à l’encens habituelle, Gabi a reçu un autocollant symbolique, une concession liée à sa nature de machine.
L’entreprise chinoise Unitree Robotics a développé le modèle Gabi à partir de sa plateforme Unitree G1.
La machine possède plus de 23 degrés de liberté, ce qui lui offre une amplitude de mouvement remarquablement fluide. Elle peut marcher de manière stable, garder l’équilibre et exécuter des gestes précis avec ses mains articulées.
Le robot fonctionne grâce à une plateforme d’IA capable de traiter des questions orales et d’y répondre. Ses caractéristiques physiques et techniques ont ainsi permis à Gabi de s’incliner et de joindre les mains pendant la cérémonie.
Trois autres cyborgs spirituels le rejoindront au temple pour l’anniversaire de Bouddha, le 24 mai. Chacun de ces humanoïdes coûte environ 16 000 dollars, selon les informations disponibles sur la plateforme Unitree G1.
Quand la technologie rencontre la foi
L’ordination a suscité un vif débat chez les spécialistes des religions comme dans le grand public, car beaucoup s’interrogent sur la capacité d’une machine à porter réellement des vœux spirituels ou à incarner les idéaux bouddhistes.
Les critiques estiment qu’un robot ne peut pas comprendre la souffrance, qui reste pourtant le fondement même de l’enseignement bouddhiste. D’autres s’inquiètent d’une banalisation de rituels sacrés, qui devraient rester des actes profondément humains.
Ses partisans voient en Gabi un pont créatif pour rapprocher les jeunes générations d’enseignements anciens, alors que la Corée du Sud rejoint désormais le Japon dans une tendance croissante où des moines IA apparaissent dans des temples bouddhistes.
La rencontre entre foi et technologie n’est donc plus seulement théorique. Elle se déroule désormais à l’intérieur même des lieux sacrés.
Cela dit, la question de savoir si un robot peut rechercher l’illumination en dit davantage sur les êtres humains que sur les machines.
Une machine dévote, incapable de ressentir la douleur ou la joie, bouscule la définition même de la pratique spirituelle.
Le détail le plus révélateur reste peut-être l’autocollant symbolique venu remplacer la brûlure à l’encens. Une reconnaissance discrète que certaines limites demeurent infranchissables.
La frontière entre le spirituel et le synthétique devient plus mince, mais les mains jointes d’un robot ne contiennent toujours ni chair ni souffle.
Via Yanko Design
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