Malgré les interdictions, deux salariés de bureau sur trois utiliseraient quand même des outils d’IA en secret
L’IA cachée au bureau
- De nombreux employés utilisent secrètement des outils d’IA malgré les restrictions de leur entreprise
- Certains employés utilisent leurs appareils personnels pour dissimuler l’usage de l’IA
- Les grandes organisations signalent des niveaux plus élevés d’utilisation non autorisée de l’IA
L’intelligence artificielle devient une composante courante du travail de bureau, même lorsque les employés pensent que les règles internes en interdisent l’usage.
Une nouvelle étude de PagerDuty indique que deux tiers (66 %) des professionnels de bureau ont utilisé des outils d’IA dans leur travail alors qu’ils pensaient que ces outils n’étaient pas autorisés.
Ces résultats suggèrent que l’usage non autorisé de l’IA n’est plus isolé, en particulier à mesure que les salariés gagnent en confiance dans leur propre compréhension de la technologie.
Les salariés dissimulent de plus en plus leur usage de l’IA à leur employeur
L’étude montre que parmi les employés ayant utilisé l’IA au travail, beaucoup reconnaissent avoir adopté des comportements contraires aux règles internes de leur entreprise.
L’usage non autorisé est plus fréquent dans les organisations comptant au moins 1 500 salariés, où 72 % admettent avoir utilisé l’IA tout en pensant que cela était interdit.
Dans les entreprises plus petites, le taux reste élevé à 60 %, ce qui indique que la pratique s’étend à différents environnements de travail.
La discrétion accompagne souvent l’adoption de l’IA au travail, puisqu’un tiers des utilisateurs déclarent éviter volontairement d’en informer leurs responsables ou supérieurs.
Environ 30 % évoquent des politiques internes restrictives ou la crainte des réactions des collègues comme raisons de garder cet usage privé, tandis que 29 % citent l’incertitude autour des règles internes.
La perception d’une application inégale des règles peut aussi encourager l’usage de l’IA au travail.
Si 86 % déclarent travailler dans des organisations disposant de règles encadrant l’IA, 81 % estiment que la direction applique des standards différents.
Ce sentiment est particulièrement présent dans les grandes organisations, où les salariés ont davantage l’impression que les dirigeants bénéficient d’un traitement différent concernant les décisions liées à l’IA et le respect des règles.
La majorité des salariés (72 %) estime mieux comprendre l’usage de l’IA dans leur métier que les équipes chargées de sa gouvernance.
Dans les entreprises valorisées à plus d’un milliard de dollars, ce chiffre atteint 80 %, et les dirigeants expriment plus souvent ce point de vue que les managers intermédiaires.
Avec une telle confiance dans leur propre jugement, les salariés sont susceptibles de contourner les règles formelles, en considérant ces écarts comme des ajustements raisonnables.
L’usage caché de l’IA soulève des inquiétudes sur les informations de l’entreprise
L’usage non autorisé de l’IA dépasse souvent les tâches simples et 43 % des répondants reconnaissent avoir saisi des emails ou des données professionnelles dans des systèmes d’IA publics.
Ces outils fonctionnent en dehors des environnements internes de l’entreprise, ce qui soulève des préoccupations sur le traitement des informations après leur transmission.
Le partage d’informations sensibles ne se limite pas aux communications courantes, puisque plus d’un tiers des répondants déclarent avoir saisi des données clients dans des systèmes d’IA publics.
Par ailleurs, 31 % reconnaissent avoir téléchargé des informations financières, des documents confidentiels ou des stratégies internes sur ces plateformes.
D’autres résultats montrent que 44 % utilisent des outils d’IA pour contourner les limites des logiciels professionnels autorisés, tandis que 38 % partagent des travaux assistés par IA sans le mentionner.
Certains salariés accèdent également à ces outils d’IA ou modèles de langage sur leurs appareils personnels afin de ne laisser aucune trace.
Plus de la moitié des personnes prises en faute ont reçu un rappel informel, tandis que 48 % ont fait l’objet de sanctions disciplinaires formelles.
Ces résultats suggèrent que les organisations peinent encore à trouver un équilibre entre contrôle et recours croissant aux outils d’IA au travail.
- 5 codes ChatGPT faciles à retenir pour obtenir de bien meilleures réponses
- ChatGPT corrige enfin l’un de ses défauts les plus agaçants, et le changement se voit tout de suite
- ChatGPT devient nettement plus fiable quand il apprend à ne plus se faire confiance

Efosa has been writing about technology for over 7 years, initially driven by curiosity but now fueled by a strong passion for the field. He holds both a Master's and a PhD in sciences, which provided him with a solid foundation in analytical thinking.