Énergie « illimitée » d’ici 2050 ? La Chine parie sur l’uranium des océans
Une piste pour sécuriser le nucléaire
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- La Chine a réussi à extraire de l’uranium de l’eau de mer à l’échelle du kilogramme dans des conditions marines réelles
- Les océans contiennent bien plus d’uranium que l’ensemble des gisements terrestres connus réunis
- La concentration d’uranium dans l’eau de mer est extrêmement faible, ce qui rend sa récupération techniquement exigeante
Des scientifiques chinois ont annoncé avoir réussi une extraction d’uranium de l’eau de mer à l’échelle du kilogramme dans des conditions marines réelles, une étape qui fait passer le concept du stade des tests en laboratoire à une application concrète en mer.
L’annonce a été relayée par des institutions nucléaires liées à l’État et associée à l’exploitation d’une plateforme d’essai offshore dédiée en mer de Chine méridionale.
L’eau de mer contient de l’uranium à des concentrations extrêmement faibles, d’environ 0,003 ppm, ce qui rend sa récupération techniquement complexe et énergivore.
L'article continue ci-dessousL’uranium marin suscite un intérêt de long terme
Malgré cette faible concentration, le volume considérable des océans signifie que la quantité totale d’uranium qu’ils renferment est immense, dépassant largement les réserves terrestres connues.
L’annonce d’une extraction de 1 000 g constitue donc une démonstration contrôlée plutôt qu’une percée commerciale.
L’exploitation minière conventionnelle de l’uranium repose sur des gisements terrestres finis, dont beaucoup sont soumis à des contraintes liées aux coûts, à la géopolitique et aux pressions environnementales.
Les estimations des agences nucléaires internationales évaluent les réserves terrestres d’uranium économiquement récupérables à plusieurs millions de tonnes, ce qui suffirait pour des siècles au rythme actuel de consommation des réacteurs.
À l’inverse, l’eau de mer contiendrait environ 4,5 milliards de tonnes d’uranium, continuellement renouvelées par des processus géologiques.
Cela a alimenté des années de recherche sur les matériaux adsorbants et les systèmes d’extraction en milieu marin, tandis que le récent essai chinois apporte des données supplémentaires sans résoudre le défi fondamental des coûts.
L’extraction annoncée s’est appuyée sur une vaste plateforme d’essai marine conçue pour valider les matériaux dans des conditions océaniques réelles, incluant courants, encrassement biologique et corrosion.
Les responsables ont évoqué des avancées dans les matériaux d’adsorption et les expérimentations de montée en échelle, laissant entendre des améliorations progressives plutôt que des ruptures technologiques majeures.
Extraire de l’uranium de l’eau de mer nécessite le déploiement répété, la récupération et le traitement chimique de matériaux absorbants, chaque étape impliquant des coûts énergétiques et de maintenance.
Aucune donnée publique n’a été fournie concernant l’efficacité de l’extraction, le rendement énergétique ou le coût projeté par kilogramme, des éléments pourtant essentiels pour évaluer la faisabilité.
En l’absence de ces indicateurs, le chiffre du kilogramme sert principalement de preuve d’un fonctionnement contrôlé.
L’ambition affichée par la Chine d’atteindre ce qu’elle décrit comme une « autonomie énergétique illimitée » d’ici 2050 est liée à la disponibilité à long terme du combustible nucléaire plutôt qu’à un changement technologique à court terme.
L’énergie nucléaire repose sur l’uranium comme source primaire, et l’ampleur des ressources accessibles détermine directement la durée d’exploitation des réacteurs sans contrainte d’approvisionnement.
Si l’uranium pouvait être extrait de l’eau de mer à l’échelle industrielle, l’approvisionnement en combustible nucléaire passerait de gisements terrestres finis à une ressource naturelle continuellement renouvelée.
Cependant, les évaluations internationales indiquent que les réacteurs avancés, le recyclage et les systèmes surgénérateurs pourraient déjà prolonger la disponibilité de l’uranium, même sans extraction marine.
Dans ce contexte, l’effort mené sur l’eau de mer représente une option supplémentaire dont la viabilité reste incertaine.
Si les océans offrent une ressource théorique immense, sa transformation en combustible fiable et économiquement viable exigerait des avancées qui n’ont pas encore été rendues publiques.
Le kilogramme extrait marque une progression, mais sa portée dépend entièrement des données futures qui viendront, ou non, étayer les affirmations d’une exploitation durable à grande échelle.
Via IT Home (initialement en chinois)

Efosa has been writing about technology for over 7 years, initially driven by curiosity but now fueled by a strong passion for the field. He holds both a Master's and a PhD in sciences, which provided him with a solid foundation in analytical thinking.