Pour une partie de la Gen Z, discuter avec une IA est devenu plus simple que parler à un humain
L’IA romantique s’installe
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- 26 % des membres de la génération Z affirment avoir déjà eu des interactions romantiques ou sexuelles avec une IA
- De nombreuses personnes utilisent l’IA comme soutien émotionnel, car cela semble plus facile que de parler à de vraies personnes
- La majorité des répondants de la génération Z considèrent néanmoins cette tendance comme le signe d’une solitude croissante
Les histoires d’amour modernes reposent souvent sur un mélange complexe d’applications de rencontre (parfois avec l’aide de l’IA), de mises en relation par des amis et de rencontres fortuites lors d’un concert ou dans une librairie.
Ce parcours peut sembler suffisamment éprouvant pour pousser de nombreuses personnes vers la simplicité d’un chatbot capable de se souvenir de votre musique préférée, de répondre en quelques secondes et de ne jamais paraître émotionnellement indisponible, sauf en cas de panne des serveurs.
C’est peut-être la raison pour laquelle 26 % des adultes de la génération Z déclarent avoir déjà eu des interactions romantiques ou sexuelles avec une IA, selon une enquête menée par l’entreprise de santé sexuelle ZipHealth. Ce phénomène ne concerne pas uniquement cette génération : 19 % de l’ensemble des répondants aux États-Unis et au Canada ont affirmé la même chose. Plus de la moitié ont indiqué que parler à une IA semble plus facile que de parler à une vraie personne.
Près d’un quart des personnes interrogées ont déclaré envisager une intimité physique avec un robot humanoïde réaliste. Il n’est donc pas surprenant que l’intimité numérique attire autant d’adeptes.
La réaction instinctive consiste à considérer le tout comme une simple plaisanterie. Pourtant, ces chiffres décrivent une société devenue très à l’aise avec l’externalisation des interactions émotionnelles vers des logiciels. Il ne s’agit pas d’une société fascinée par les robots, mais cela montre que l’IA dépasse désormais le simple statut de curiosité.
La connexion émotionnelle constitue l’attrait principal pour beaucoup. L’enquête révèle que 36 % des répondants de la génération Z ont utilisé l’IA pour obtenir un soutien émotionnel ou une forme de compagnie, et 37 % des personnes actuellement en couple ont fait de même.
Le chatbot ne se contente pas de flirter. Dans de nombreux cas, il écoute également et occupe un espace autrefois réservé aux amis et aux partenaires.
Cela permet de comprendre pourquoi l’intimité avec l’IA n’est pas aussi marginale qu’elle pourrait le paraître. Un bon chatbot se montre attentif d’une manière que beaucoup de personnes ne sont pas toujours capables d’être. Il peut être émotionnellement disponible à 1 h 14 du matin, là où une personne réelle ne le peut généralement pas. Cela ne constitue évidemment pas de l’amour. Mais cela peut s’avérer efficace.
Un amour natif du numérique
Les jeunes adultes, qui ont passé la majeure partie de leur vie à communiquer à travers des écrans, sont peut-être particulièrement disposés à ce type d’expérience. Et puisque 83 % des répondants de la génération Z estiment que cette tendance révèle une crise croissante de la solitude, il est peu probable qu’elle disparaisse rapidement.
Il est frappant de constater à quel point la génération la plus susceptible d’utiliser l’IA de cette manière se montre lucide : ce sont aussi ses membres qui y voient le plus volontiers le signe d’un malaise plus large.
L’enquête montre également que ce phénomène entre déjà en collision avec les dynamiques relationnelles traditionnelles. Sept répondants sur dix considèrent que développer des sentiments amoureux pour une IA équivaut à une forme d’infidélité. La moitié des personnes ayant déclaré des interactions romantiques ou sexuelles avec une IA ont également affirmé l’avoir caché à leur partenaire. Les femmes se montrent nettement plus nombreuses que les hommes à déclarer qu’elles mettraient fin à une relation en raison de conversations de flirt avec une IA.
Avant de conclure à la disparition de l’intimité humaine, il convient de rappeler qu’il ne s’agit que d’une seule enquête, loin d’être exhaustive. Les chiffres suggèrent une tendance, sans pour autant l’établir définitivement. La véritable question porte sur la capacité d’une IA simulant la réactivité émotionnelle à devenir suffisamment convaincante pour que cela paraisse réel aux yeux des utilisateurs, au point que le fait qu’il s’agisse d’une simulation importe peu.
Ce que cette enquête met réellement en lumière, ce n’est pas une civilisation tombant amoureuse des machines. C’est une génération vivant dans une proximité constante avec une attention artificielle, au point que l’affection, le réconfort, le désir et la commodité commencent à se confondre.

Eric Hal Schwartz is a freelance writer for TechRadar with more than 15 years of experience covering the intersection of the world and technology. For the last five years, he served as head writer for Voicebot.ai and was on the leading edge of reporting on generative AI and large language models. He's since become an expert on the products of generative AI models, such as OpenAI’s ChatGPT, Anthropic’s Claude, Google Gemini, and every other synthetic media tool. His experience runs the gamut of media, including print, digital, broadcast, and live events. Now, he's continuing to tell the stories people want and need to hear about the rapidly evolving AI space and its impact on their lives. Eric is based in New York City.