OpenAI, Google, Microsoft, Amazon… presque tous les géants de l’IA se rapprochent du Pentagone, sauf un absent qui en dit long
Anthropic reste à l’écart
- Le Pentagone signe d’importants accords dans l’IA pour déployer des systèmes militaires basés sur l’intelligence artificielle
- De nouveaux outils d’IA autorisés pour un usage militaire classifié selon des règles de « lawful use »
- Anthropic refuse un contrat d’IA avec le Pentagone en raison de préoccupations liées à la surveillance et aux armes autonomes
Le département de la Défense des États-Unis a conclu des accords avec la plupart des développeurs de modèles d’IA les plus puissants afin d’intégrer directement leurs systèmes dans les opérations militaires. OpenAI, Google, Microsoft, Amazon Web Services, Nvidia, SpaceX et Reflection AI contribueront tous à accélérer la transition du Pentagone vers ce qu’il qualifie de « force combattante axée sur l’IA ».
L’objectif est de développer des outils alimentés par l’IA capables de traiter l’information plus rapidement et de proposer des décisions dans des environnements complexes.
Les entreprises concernées ont accepté que leurs outils puissent être utilisés pour « tout usage légal », une norme très large, apparemment trop large pour Anthropic. Remarquablement absente, la société à l’origine de Claude est en désaccord avec le département de la Défense depuis plusieurs mois sur les modalités d’utilisation de son IA. Au cœur des préoccupations d’Anthropic figure la possibilité que son IA soit déployée pour la surveillance intérieure et pour des systèmes létaux entièrement autonomes.
Il est possible que l’entreprise ait observé à quel point certains modèles d’IA semblent à l’aise avec des menaces nucléaires dans des simulations de guerre.
Le gouvernement a réagi en qualifiant Anthropic de risque pour la chaîne d’approvisionnement, afin de l’exclure des contrats de défense. Anthropic conteste cette décision.
Du laboratoire au champ de bataille
Les autres entreprises choisissent de s’engager pleinement dans les contrats gouvernementaux, acceptant des conditions larges en échange d’accès et d’influence, malgré les critiques et le scepticisme de certains consommateurs, ainsi que de membres de leur propre direction.
Cet accord a des implications concrètes sur l’évolution de l’IA dans les contextes militaires. En avançant avec plusieurs partenaires, le Pentagone réduit sa dépendance à une seule entreprise. Sans Anthropic, cependant, il ne peut être question d’une unité complète de l’industrie.
Les responsables de la défense semblent estimer que l’exclusion d’Anthropic pourrait exercer une pression pour un retour aux négociations, notamment à mesure que les entreprises concurrentes renforcent leur engagement. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits.
Le département de la Défense investit massivement dans l’IA, avec des dizaines de milliards de dollars alloués à différents programmes. Les partenariats avec des entreprises privées apparaissent cohérents sur le plan technique, celles-ci disposant des modèles d’IA les plus avancés.
Forces et capacités
Les entreprises impliquées apportent chacune des compétences spécifiques, allant des semi-conducteurs aux logiciels en passant par le déploiement opérationnel. L’IA s’intègre de plus en plus dans l’infrastructure de la guerre moderne, à un rythme qui reflète à la fois la pression concurrentielle et la conviction que ces systèmes peuvent offrir un avantage décisif.
Ce qui reste moins clair concerne la définition des limites à mesure que la technologie progresse. Les questions de supervision, de responsabilité et de conséquences imprévues sont encore en cours d’examen, alors même que le déploiement s’accélère.
Le refus d’Anthropic ne signifie pas que l’intégration ne se fera pas, mais il rend les tensions sous-jacentes plus visibles. Même si l’IA devient centrale pour la sécurité nationale, des débats non résolus persistent sur l’étendue de son utilisation et sur l’autorité décisionnelle en la matière.

Quand je ne suis pas en train de plonger dans le monde fascinant de la finance et des nouvelles technologies, vous me trouverez probablement en train de parcourir le globe ou de conquérir de nouveaux mondes virtuels sur ma console de jeux.
- Eric Hal SchwartzContributor