100 jours avec une puce Neuralink : quand penser suffit à jouer à Warcraft
Une interface cerveau-machine en action
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- Un patient de Neuralink affirme que jouer à Warcraft par la pensée lui semble naturel après 100 jours
- La puce cérébrale traduit les signaux neuronaux en actions en temps réel
- Neuralink affirme qu’un objectif majeur consiste à restaurer l’autonomie des personnes paralysées
Jouer à un jeu comme World of Warcraft implique généralement un clavier, une souris et beaucoup de mémoire musculaire. Pour l’un des premiers patients de Neuralink, seule une concentration soutenue est nécessaire.
Après 100 jours avec une puce cérébrale implantée directement dans son cortex moteur, le vétéran de l’armée britannique Jon Noble affirme que l’expérience « ressemble à de la science-fiction », bien qu’elle soit devenue confortable après quelques mois.
« C’est à ce moment-là que j’ai lancé Warcraft pour la première fois en le contrôlant uniquement par la pensée », a-t-il écrit sur X. « Le premier raid semblait maladroit, mais une fois que mon cerveau et l’interface cerveau-ordinateur se sont synchronisés, c’était de la pure magie. Je participe désormais à des raids et j’explore Azeroth à pleine vitesse, sans les mains — ni souris, ni clavier, seulement l’intention. C’est tout simplement brillant. Cette liberté est addictive. »
It’s hard to believe it’s already been 100 days since I received my Neuralink N1 implant. Looking back, the whole journey feels like science fiction that somehow became my everyday reality.The surgery on Day 0 was surprisingly easy. A quick general anaesthetic, a small… pic.twitter.com/jmqA428RuVMarch 22, 2026
Cette étape ne constitue pas seulement un accomplissement personnel. Elle offre un aperçu rare de la manière dont les interfaces cerveau-ordinateur commencent à quitter les laboratoires pour s’inscrire dans l’expérience quotidienne, même si cette expérience ne concerne encore qu’un très petit nombre de personnes.
Noble fait partie d’un groupe restreint de participants aux premiers essais cliniques de Neuralink sur l’être humain. Comme d’autres patients, il est paralysé sous le cou à la suite d’une lésion médullaire. L’implant, appelé N1, est conçu pour traduire les signaux neuronaux en commandes numériques, permettant ainsi aux utilisateurs de contrôler des appareils par la pensée.
L’intervention consiste pour les chirurgiens à pratiquer une petite incision, tandis qu’un robot insère des électrodes ultrafines dans le cerveau. En quelques jours, les patients peuvent commencer à apprendre à utiliser leur cerveau comme dispositif d’entrée.
Au bout de quelques semaines, l’implant de Noble a été associé à un ordinateur, et il a commencé à s’exercer à des tâches simples. Au départ, il s’agissait de déplacer un curseur à l’écran. Par la suite, il a pu jouer à World of Warcraft. Noble a décrit cette expérience comme une extension naturelle du système qu’il s’entraînait déjà à maîtriser.
Les interfaces cerveau-ordinateur sont étudiées depuis des décennies, mais elles étaient souvent limitées à des environnements contrôlés et à des cas d’usage restreints. L’approche de Neuralink, axée sur une utilisation proche des standards grand public et sur une itération rapide, repousse ces limites.
La technologie ne se limite pas au jeu vidéo, même si celui-ci en fait partie. Pour les personnes paralysées ou souffrant de troubles moteurs sévères, la possibilité de contrôler un ordinateur par la pensée constitue une avancée vers l’autonomie. Des tâches qui nécessitaient autrefois une assistance deviennent réalisables sans aide.
Parallèlement, les démonstrations les plus spectaculaires, comme la pratique d’un jeu vidéo complexe, remplissent une autre fonction. Elles montrent que la technologie n’est pas seulement fonctionnelle, mais aussi adaptable. Si un signal cérébral peut déplacer un curseur, il peut également naviguer dans un univers numérique, exécuter des commandes et réagir en temps réel.
La puissance de l’IA cérébrale
Cette capacité d’adaptation alimente à la fois l’enthousiasme et les inquiétudes. L’idée de contrôler des appareils par la seule pensée présente un attrait évident, tout en soulevant des questions sur la frontière entre l’humain et la machine.
Pour l’instant, ces interrogations restent en grande partie théoriques. Les essais de Neuralink en sont encore à leurs débuts, impliquant un nombre restreint de participants dans des conditions strictement encadrées. La technologie nécessite une intervention chirurgicale, un calibrage continu et le soutien d’une équipe d’ingénieurs. Elle n’est pas destinée à équiper des appareils grand public dans un avenir proche.
Néanmoins, si la technologie devient plus sûre, plus fiable et plus facile à déployer, ses applications pourraient s’étendre bien au-delà de son objectif actuel. Le jeu vidéo pourrait constituer une vitrine précoce, mais d’autres perspectives vont du contrôle de prothèses à l’interaction avec des systèmes de réalité augmentée.
Naturellement, chaque avancée s’accompagne de questions relatives à la sécurité, à la protection des données et aux effets à long terme. Ce qui distingue les interrogations actuelles, c’est la rapidité avec laquelle elles sont passées du domaine théorique au domaine pratique.
Les 100 premiers jours de Noble offrent un aperçu de cette évolution en cours. La suite demeure inconnue. Reste à savoir si les interfaces cerveau-ordinateur resteront un outil d’accessibilité et une curiosité technologique, ou si elles finiront par rendre le clavier et la souris aussi obsolètes que les ordinateurs à cartes perforées.

Eric Hal Schwartz is a freelance writer for TechRadar with more than 15 years of experience covering the intersection of the world and technology. For the last five years, he served as head writer for Voicebot.ai and was on the leading edge of reporting on generative AI and large language models. He's since become an expert on the products of generative AI models, such as OpenAI’s ChatGPT, Anthropic’s Claude, Google Gemini, and every other synthetic media tool. His experience runs the gamut of media, including print, digital, broadcast, and live events. Now, he's continuing to tell the stories people want and need to hear about the rapidly evolving AI space and its impact on their lives. Eric is based in New York City.