TechRadar Verdict
Comment prendre au sérieux un appareil photo en plastique aussi basique ? Et pourtant, il le faut. Utiliser le Kodak Ektar H35N s’est révélé étonnamment libérateur, et découvrir les tirages 10 jours plus tard en ouvrant l’enveloppe du labo a dessiné un vrai sourire. La pellicule coûte cher, et le développement demi-format encore plus (72 images au lieu de 36 !), mais l’expérience en valait chaque centime. Des smartphones au moyen format pro, en passant par les hybrides, tout y est passé. Pourtant, ce petit Kodak ravive une sensation oubliée.
Pour
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Incroyablement simple à utiliser
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Très élégant
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Utilise des pellicules 35 mm standard
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Viseur petit mais lumineux
Contre
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Coût supplémentaire pour le film, le développement et les tirages
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Pas de contrôle de l'exposition ni de la mise au point
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Idéal en extérieur ou en intérieur avec flash
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Le chargement du film est fastidieux pour les débutants
Pourquoi pouvez-vous faire confiance à TechRadar ?
Les appareils demi-format bénéficient d’un vrai engouement : assez pour que Pentax sorte son Pentax 17 (qu'on adore) et que Fujifilm crée le X Half, une version numérique inspirée de ces appareils plus qu’une réplique fidèle.
La photo argentique séduit à nouveau celles et ceux en quête du grain, des couleurs et du rythme propres à l’analogique. Notre guide des meilleurs appareils argentiques regroupe aussi bien des modèles récents que des classiques vintage à dénicher d’occasion. Pour les débutants, un guide sur les différents formats de film est aussi disponible.
Le principe du demi-format repose sur l’utilisation de pellicule 35mm classique, mais chaque photo n’occupe que la moitié d’un cadre standard : 24mm de haut sur 18mm de large (ou 17mm en tenant compte de l’espace entre les deux moitiés). Le résultat ? Deux fois plus de photos, orientées verticalement par défaut – sauf à tourner l’appareil.
Oui, on double le nombre de vues sur chaque pellicule. Sur le papier, cela semble économique, mais encore faut-il trouver un labo acceptant de tirer ces formats, et le coût grimpe également, puisque le nombre de tirages augmente.
Par un curieux renversement, ce format vertical se marie à merveille avec le cadrage des smartphones, bien plus que ce que les ingénieurs de l’époque auraient pu imaginer.
Retour donc sur le Kodak Ektar H35N. Cette version améliorée du H35 de 2024 abandonne son objectif en plastique au profit d’une lentille en verre. Le modèle précédent n’avait pas emballé grand monde, mais l’essor de la photo argentique pousse à reconsidérer ce petit appareil. Car là où les appareils demi-format restent souvent chers et branchés, ce Kodak fait dans le minimalisme total. On frôle l’appareil jetable... sauf qu’il est réutilisable.
La différence ? L’appareil s’ouvre pour insérer ou retirer la pellicule, et fonctionne avec une pile AAA amovible pour le flash. Sans flash, aucune pile n’est nécessaire.
Quant à l’exposition et la mise au point, elles brillent par leur absence. Tout repose sur la tolérance des films négatifs couleur pour réussir des images entre plein soleil et ciel chargé. En intérieur, le flash s’impose pour les sujets proches. Ce rendu flash brutal, assumé et tendance, sied parfaitement à ce petit Kodak.
La mise au point est fixe. L’ouverture est f/11, suffisante pour assurer une netteté correcte à partir d’environ 1 mètre. L’intérêt ici ne repose pas sur la précision technique, mais sur le style de l’image.
Ce n’est peut-être pas l’appareil qui attire d’emblée, mais il mérite l’attention. Il impose de travailler avec la lumière naturelle ou le flash, et de faire confiance au film pour encaisser les surexpositions ou sous-expositions que le numérique ne tolère pas. Pourtant, on s’adapte vite. Sa simplicité est son atout.
Face à un Instax, il offre plus d’images, de meilleure taille, et pour un coût moindre. Même esprit, plus de liberté.
Le résultat ? Ce petit H35N réveille la mémoire photographique, les souvenirs de l’argentique d’autrefois. Ce qu’on croyait mépriser, on le retrouve avec plaisir.
Kodak Ektar H35N : Prix
- 65 €
- Tenez compte du coût de développement et d'impression : le demi-format est plus spécialisé et plus coûteux
Le Kodak Ektar H35N est un appareil bon marché. Rien à voir avec le raffinement onéreux du Pentax 17. Il tient davantage du jetable qu’on peut recharger. Proposé en plusieurs couleurs et styles, autour de 65 €, c’est un petit achat craquant.
Oui, il est sommaire, mais à ce tarif, on lui pardonne beaucoup. Attention cependant au coût du développement et des tirages : le double de vues signifie le double de photos à imprimer.
Kodak Ektar H35N : Caractéristiques
Format | Demi-format 35 mm |
Lentille | 22 mm f/11 (environ 30 mm effectifs) |
ISO | Film ISO 200 ou 400 recommandé |
Focus | Fixé à environ 1 m-infini |
Flash | Intégré |
Exposition | Auto plus ampoule |
Batterie | 1 pile AAA (pour le flash) |
Viewfinder | Optique, vision directe |
Dimension | 110mm x 62mm x 39mm, 110g |
Kodak Ektar H35N : Design
- Construction en plastique mais aspect élégant
- Commandes simples (en fait, pas vraiment de commandes)
- Aucun problème pour charger le film, prendre des photos et rembobiner
- Viseur optique petit mais efficace
Tout en plastique, l’appareil est léger, mais la face avant présente une finition métallisée plutôt chic. Kodak a le chic pour rendre ses appareils plus valorisants qu’ils ne le sont.
Un bouton rotatif autour de l’objectif active le flash – un peu dur sur notre exemplaire de test. Sur le côté, un autre interrupteur active le filtre « star ». Gadget ? Peut-être.
Au sommet, un déclencheur proéminent, une prise pour pose longue (possibilité de photos de nuit en maintenant le bouton), et un compteur de vues.
Au dos, plastique noir mat. Le loquet d’ouverture est ferme et un peu imprécis, mais il vaut mieux ça qu’une ouverture accidentelle.
Une fois la pellicule insérée, une molette sous l’appareil sert à l’avance du film. Pas de photo possible sans avancement ni armement du déclencheur. Même si tout est en plastique, le mécanisme fonctionne parfaitement.
Le chargement de la pellicule reste simple. Il suffit de tirer un peu plus le film pour bien l’accrocher à la bobine. Une fois le dos refermé, un tour de manivelle suffit à vérifier que la pellicule avance bien. Rien à signaler.
Une fois la fin de la pellicule atteinte, la molette se bloque. Il faut alors presser un bouton sous l’appareil pour débrayer, puis rembobiner à l’aide de la manivelle.
Malgré son petit prix, le H35N a bien fonctionné : pas de bourrage, pas de doubles expositions accidentelles, pas de mauvaises surprises.
Kodak Ektar H35N : Performances
- Bonne qualité d'image
- Étonnamment tolérant aux changements de lumière
- Joli rendu vintage du flash
- Belles couleurs et bon contraste
L’argentique a marqué les débuts de nombreux photographes avant le passage au numérique. Et certaines sensations s’étaient effacées.
Rien ne remplace l’instant où l’on découvre les tirages d’un labo photo. Peu importe la taille de l’écran, même 4K ou ultra HDR : tenir des images en main reste une expérience unique. Ce rappel inattendu souligne la valeur de ces objets physiques simples.
Certes, les images numériques peuvent aussi être imprimées. Mais le rendu n’est pas le même. Trop parfaites, trop propres. Les images issues du H35N sont plus douces, aux ombres profondes et à la lumière presque mystique. Aucun plugin ou simulation ne reproduit à l’identique ce charme là.
C’est là le plus surprenant : les photos de ce petit appareil rappellent celles des albums de famille, celles des parents, des tontons, des souvenirs imprimés.
Avec l’arrivée du numérique, une fracture s’est créée. Les images d’aujourd’hui, aussi parfaites soient-elles, semblent déconnectées de ces souvenirs. Le H35N, avec ses limites et son style assumément old-school, recrée ce lien.
Non, il ne remplacera pas un appareil numérique au quotidien. Mais il rappelle qu’un appareil modeste peut offrir une véritable expérience.
Faut-il acheter le Kodak Ektar H35N ?
Achetez-le si...
Vous voulez découvrir le rendu analogique
Le Kodak Ektar H35N est tellement bon marché que vous n'avez rien à perdre. La pellicule, le développement et l'impression peuvent coûter cher, mais vous pouvez toujours essayer une fois pour voir si cela vous convient.
Vous souhaitez faire une pause dans votre surcharge numérique
Une fois le film chargé, l'Ektar H35N est incroyablement simple à utiliser. Il n'y a littéralement aucun réglage : vous le remontez, vous regardez dans le viseur, vous appuyez sur le déclencheur.
Vous voulez des tirages prêts à être encadrés ou rangés dans un album
C'est là tout l'intérêt du film négatif analogique : les tirages sont fournis en standard. Rien ne vaut l'anticipation et la satisfaction que l'on ressent en ouvrant un paquet de tirages tout juste sortis du laboratoire photo.
Ne l'achetez pas si...
Vous vous attendez à des photos de haute qualité.
L'Ektar est un appareil photo instantané, tout simplement. Les tirages que vous obtiendrez auront ce look classique des photos instantanées lo-fi. Vous pouvez scanner les négatifs, mais vous ne pourrez pas les imprimer en grand format.
Vous souhaitez vous initier à la photographie analogique
Cet appareil photo ne vous apprendra rien. Il s'agit d'un modèle basique, sans réglage de la vitesse d'obturation, de l'ouverture ou de la mise au point. Vous découvrirez toutefois à quel point la pellicule peut être tolérante.
Vous recherchez un appareil photo classique et élégant
L'Ektar H35N est certes mignon, mais ce n'est pas un appareil photo que vous aurez envie de montrer à vos invités lors d'un dîner ou d'exhiber lors de rencontres photo (à moins que vous n'aimiez agacer les gens).
Comment avons-nous testé le Kodak Ektar H35N ?
- L’appareil a été testé dans différentes conditions de lumière, en intérieur comme en extérieur
- La puissance du flash a été vérifiée en basse lumière
- La capacité à photographier des sujets proches a été testée
- Le bon fonctionnement de l’avance et du rembobinage de la pellicule a été confirmé
Le H35N a été emporté lors de sorties en famille, et testé dans différentes ambiances lumineuses : soleil, nuages, fin d’après-midi d’octobre, crépuscule avec flash.
Aucune prévisualisation possible comme sur le numérique. Tout repose sur la latitude du film. Le but : voir combien de photos seraient ratées, un critère crucial quand le développement est payant.
Le chargement du film, essentiel pour les novices, a été évalué, tout comme la fiabilité du déclenchement et du flash. Le filtre « star » a aussi été testé, notamment en contre-jour ou entre les feuillages.
Les sujets choisis ? Des scènes de famille classiques, mais aussi des cadrages inspirés de la mouvance Lomography. Un test grandeur nature pour savoir si un appareil aussi bon marché pouvait s’inscrire dans cette esthétique volontairement imparfaite.

Rod is an independent photographer and photography journalist with more than 30 years' experience. He's previously worked as Head of Testing for Future’s photography magazines, including Digital Camera, N-Photo, PhotoPlus, Professional Photography, Photography Week and Practical Photoshop, and as Reviews Editor on Digital Camera World.