Jugé trop dangereux pendant des mois, le modèle Mythos d’Anthropic arrive finalement au grand public sous un autre nom

Fable 5, from Anthropic
(Crédit photo: Anthropic)

Depuis quelques mois, le modèle d’IA le plus puissant d’Anthropic existait surtout comme un avertissement sur les dangers de l’IA. L’entreprise refusait de le rendre public et décrivait à plusieurs reprises ses systèmes de classe Mythos comme suffisamment avancés pour susciter de sérieuses inquiétudes en cybersécurité, en recherche biologique (avec des agents pathogènes potentiellement dangereux) et face à l’accélération du développement de l’IA.

Le message était clair. Il s’agissait d’une technologie nécessitant des garde-fous exceptionnels avant toute mise à disposition.

Anthropic vient pourtant de surprendre. L’entreprise a lancé une version publique de cette même technologie, sur les offres d’abonnement haut de gamme de Claude, même si c’est pour une durée limitée.

Le nouveau Claude Fable 5 est une version destinée au grand public des capacités de classe Mythos que l’entreprise gardait jusqu’ici confidentielles. Anthropic affirme avoir ajouté de nombreux garde-fous et dispositifs de sécurité, mais cette sortie marque un tournant notable. Une technologie autrefois jugée trop puissante pour être diffusée largement se retrouve désormais entre les mains des utilisateurs classiques de Claude.

Ce que Fable 5 permet de faire

Selon Anthropic, Fable 5 est conçu pour bien plus que les usages actuels de l’IA, comme répondre à des questions ou aider à rédiger un e-mail. Le modèle est pensé pour gérer des travaux qui s’étalent sur des heures, des jours, voire davantage. Cela couvre aussi bien des projets d’ingénierie logicielle, des recherches approfondies que des flux de travail complexes impliquant des agents d’IA.

L’idée centrale repose sur la capacité de Fable 5 à rester engagé sur une tâche bien plus longtemps que les modèles précédents. Au lieu de répondre à une simple requête puis d’attendre la suivante, il peut traiter des problèmes en plusieurs étapes, conserver le contexte sur des projets longs et progresser avec un degré d’autonomie plus élevé.

Fable 5 s’utilise via le chatbot Claude, mais ses principales avancées semblent surtout viser les utilisateurs avancés, les chercheurs et les développeurs. L’objectif semble être de faire évoluer l’IA au-delà d’un simple assistant conversationnel, vers un véritable collaborateur numérique.

Pourquoi la cybersécurité est au cœur du débat

Une grande partie des inquiétudes autour de Mythos concerne la cybersécurité. Anthropic affirme que ce modèle possède « les capacités de cybersécurité les plus avancées de tous les modèles au monde ». Si ces capacités peuvent aider les chercheurs en sécurité à identifier et corriger des failles, elles pourraient aussi servir à découvrir et exploiter ces mêmes vulnérabilités si elles tombent entre de mauvaises mains.

Anthropic reconnaît que « publier un modèle aussi puissant comporte des risques » et tente d’y répondre avec un ensemble de protections inédit. Le modèle est associé à d’autres systèmes d’IA appelés « classificateurs », chargés de surveiller les requêtes pour détecter d’éventuels abus. Lorsque ces systèmes repèrent une demande liée à des activités avancées en cybersécurité, la réponse est prise en charge par Claude Opus 4.8 au lieu de Fable 5, ce qui réduit les risques.

En pratique, Anthropic ouvre l’accès public à des capacités de classe Mythos tout en plaçant les domaines les plus sensibles derrière une couche de protection supplémentaire. L’approche semble solide, à condition qu’elle fonctionne.

Un accueil positif

Les premières réactions des utilisateurs sont positives, même si certains soulignent la rapidité avec laquelle Fable 5 consomme des tokens.

« Fable 5 est incroyablement performant, mais attention à l’usage. La consommation montait à 2 % par minute sur du 20x », indique un utilisateur Reddit, qui précise aussi : « Avec l’abonnement Max 20x, lors d’une session plus intensive, l’utilisation augmentait d’environ 2 % par minute. Pas par heure. Par minute. »

Un autre utilisateur critique le refus de Fable 5 de traiter des sujets liés à la cybersécurité et parle d’un « aperçu des inégalités de l’IA », estimant que « le public a droit à une version sécurisée, tandis que les institutions de confiance disposent de la version dangereuse et utile ».

Pour utiliser Fable 5, quelques particularités de disponibilité méritent d’être connues.

À partir d’aujourd’hui, Fable 5 est accessible sur les offres Claude Pro, Max, Team et Enterprise avec licences par utilisateur, sans coût supplémentaire. Toutefois, Anthropic précise qu’à partir du 23 juin, l’accès passera temporairement à un système de crédits d’utilisation.

Concrètement, les abonnés souhaitant continuer à utiliser Fable 5 après cette date pourraient devoir acheter des crédits supplémentaires selon leur usage.

Anthropic explique que ce changement vise à gérer la demande plutôt qu’à instaurer un modèle payant permanent. « Une fois que la capacité le permettra, l’objectif est de réintégrer Fable 5 comme composant standard des abonnements », indique l’entreprise. « L’intention est de le faire aussi rapidement que possible. »

Si les premiers utilisateurs semblent satisfaits des capacités de Fable 5, sa disponibilité illustre le niveau atteint par les systèmes d’IA aujourd’hui et pourrait annoncer un futur où l’accès complet aux modèles les plus avancés ne sera plus ouvert au grand public.



TOPICS
Graham Barlow
Senior Editor, AI

Graham is the Senior Editor for AI at TechRadar. With over 25 years of experience in both online and print journalism, Graham has worked for various market-leading tech brands including Computeractive, PC Pro, iMore, MacFormat, Mac|Life, Maximum PC, and more. He specializes in reporting on everything to do with AI and has appeared on BBC TV shows like BBC One Breakfast and on Radio 4 commenting on the latest trends in tech. Graham has an honors degree in Computer Science and spends his spare time podcasting and blogging.