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Télétravail : quand les salariés européens veulent rendre illégal le retour au bureau

Salariés au bureau
(Crédit photo: Image Credit: Cadeau Maestro / Pexels)

Selon une nouvelle étude, la grande majorité des travailleurs sont favorables à une modification de la législation qui rendrait illégale l'obligation pour les entreprises de forcer leurs employés à travailler depuis leur bureau.

À la suite des récents confinements imposés dans le monde, une étude menée par la société Okta, spécialisée dans la gestion des identités numériques, a révélé que les travailleurs souhaitent obtenir plus de liberté pour choisir comment et où travailler. L'étude effectuée auprès de plus de 10 000 salariés laissent néanmoins entendre que les employeurs, eux, se montreront réticents à offrir plus de flexibilité.

79% des personnes interrogées désireraient que la législation soit modifiée afin qu'il devienne illégal de forcer les employés à travailler depuis leur bureau. Toutefois, 48% sont prêts à accepter quelques exceptions, notamment concernant le personnel des services d'urgence. Enfin, 31% des sondés pensent que cette obligation devrait être abolie, quelle que soit la profession exercée.

Les gouvernements européens examinent actuellement cette évolution de l’environnement professionnel à l’ère du Covid-19, et discute de la meilleure façon de mettre en œuvre toute nouvelle législation. Celle-ci pourrait inclure le "droit à la déconnexion", qui permettrait aux travailleurs d'intervenir directement dans les décisions relatives au télétravail ou à la localisation des bureaux de leur entreprise. 

Rendre le travail plus flexible

"De nombreux Européens ont passé plus d'un an à suivre les règles et à travailler à domicile", explique Samantha Fisher, responsable de l’étude chez Okta. "À l'avenir, il est clair qu'ils veulent avoir la liberté de travailler selon leurs propres conditions, que ce soit en retournant au bureau, en travaillant à distance, ou un mélange des deux. Un changement de législation remettrait le choix entre les mains des employés, et donnerait aux organisations l'opportunité de réévaluer les processus, et d'activer de meilleures méthodes qui soutiennent le travail à travers une stratégie multilocale."

Reste que tous les travailleurs ne sont pas en mesure d'envisager l'idée d'un travail plus flexible, 36% des personnes interrogées révélant qu'elles veulent rester au bureau ou qu'elles ne peuvent tout simplement pas finaliser leurs tâches professionnelles ailleurs. Okta a réalisé une enquête similaire en mai 2020, et à l'époque, seuls 24% des travailleurs avaient déclaré vouloir revenir au bureau à temps plein.

Les travailleurs britanniques sont certainement plus favorables au travail à distance que leurs homologues européens. Au Royaume-Uni, 19% espèrent travailler à domicile de façon permanente, ce qui est plus élevé qu'aux Pays-Bas (12%), en Suisse (14%) et en France (15%). 

La majorité des travailleurs craint que le désir d'une approche plus flexible du travail ne soit pas aussi bien accueilli par leurs employeurs. La moitié d'entre eux ont déclaré qu'ils s'attendaient à ce que leur employeur leur offre une plus grande flexibilité à l'avenir, mais un tiers d'entre eux pensent qu'ils devront retourner au bureau, sans avoir la possibilité de choisir une option à distance.

En effet, 16% des personnes interrogées ont déclaré que l'entreprise pour laquelle elles travaillent n'a même pas envisagé d'offrir une certaine souplesse sur le lieu de travail si et quand les restrictions seront assouplies. Les travailleurs souhaitent clairement que de meilleures mesures soient mises en place s'ils doivent retourner au bureau. Parmi ces mesures, citons la réduction du nombre de personnes dans les bureaux (34%), l'utilisation de technologies sûres, notamment de meilleurs téléphones pour assurer la distanciation sociale (27%) et le port obligatoire d'un masque (26%). La possibilité de travailler en dehors des heures de pointe est également une option privilégiée par 22% des répondants.

L'étude s'est également penchée sur la sécurité des systèmes pour les travailleurs, qu'ils soient au bureau ou à distance. L'enquête a révélé que 39% des employés de bureau n'utilisent qu'un mot de passe pour se protéger des menaces de sécurité. Le Royaume-Uni est le plus mauvais élève ici, devant les Pays-Bas (23%), la Suède (29%), la Suisse (32%) et la France (32%). Un tiers des sondés (33%) utilisent également un VPN, tandis que 31% ont recours à l'authentification multifactorielle (AMF). Étonnamment, 15% ont déclaré ne pas savoir si leur employeur avait mis en place des mesures de sécurité.

"S'il est positif que davantage de salariés utilisent des technologies telles que l'authentification multifactorielle pour se protéger, le fait que beaucoup n'utilisent encore que des mots de passe ou des technologies dépassées telles que les VPN indique que les mesures de sécurité doivent être améliorées", ajoute Ian Lowe, responsable des solutions industrielles EMEA chez Okta.

"Au début de la pandémie, les entreprises ont dû rapidement pivoter vers le travail à distance, et adopter des solutions à court terme pour se protéger. Aujourd'hui, un an après, beaucoup de ces mesures sont toujours en place. Un modèle de travail hybride réussi et sécurisé nécessite la consolidation de tous les aspects de l'informatique. Pour y parvenir, les organisations doivent faire preuve de souplesse dans les technologies qu'elles utilisent et adopter une approche stratégique pour gérer la manière dont les employés accèdent aux données de l'entreprise, où qu'ils soient. Car une chose est sûre : nous ne reviendrons jamais à la situation d'avant."  

Rob Clymo

Rob Clymo is a Freelance writer for digital and print, specialising in tech, gadgets, automotive and innovation but also covering filmmaking and travel.