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Test de Monster Hunter Rise

Un chasseur sachant chasser à la (quasi) perfection.

Monster Hunter Rise
(Image: © Capcom)

Notre verdict

Voici une expérience essentielle sur Switch, à l’heure des jeux next-gen. Mais surtout un nouvel épisode qui se classe d’ores et déjà comme un incontournable de la franchise Monster Hunter. Avec son gameplay simplifié, ses quêtes amusantes, le mode multijoueur toujours aussi addictif, le tout couplé à des items et un bestiaire classiques qu’on se plaira à retrouver… Monster Hunter Rise fédérera autour de lui les apprentis chasseurs comme les vétérans de la série.

Pour

  • Plus accessible que les jeux précédents
  • Des graphismes superbes, un framerate constant
  • Les nouveaux compagnons sont adorables

Contre

  • Un bestiaire qui s’étoffe peu
  • Où est l’épilogue ?
Pour aller plus loin

Durabilité : comptez 70 heures
Plateforme : Nintendo Switch

Vous venez de passer une dizaine de minutes à négocier avec le forgeron de Monster Hunter Rise pour qu’il vous confectionne l’armure la plus en vogue du village - à partir de la tête et de la queue tranchées d'un dragon, derniers trophées de vos chasses dans les Marais. Pas peu fier d’avoir conservé la main et votre bagout, vous vous demandez comment vos nouvelles jambières en écailles se mariera avec votre plastron en fourrure de Lagombi, un spécimen de lapin géant qui adore vous défier dans des batailles de boules de neige interminables. Si votre esthétique a un rôle déterminant dans ce nouvel opus Monster Hunter, la customisation de vos compagnons devient également primordiale. Une fois votre affaire avec le forgeron conclue (jusqu’à la prochaine), il est temps de vous enfoncer dans les Ruines au péril de votre indicible élégance. Encore.

Si vous avez déjà joué à un titre Monster Hunter, vous reconnaissez le rythme terriblement routinier sur lequel repose l’essentiel du gameplay. Bien sûr, il y a une histoire inédite (mais anecdotique), des rencontres aléatoires qui vous feront parfois sursauter, et des combats variés pour ne pas dire inégaux en niveau de difficulté. Mais chasse et customisation de votre arsenal, voilà le vrai nerf de la guerre. Et force est de constater que ça suffit amplement, même après une vingtaine de déclinaisons vidéoludiques sur le même principe.

Parce qu’il fait la part belle à votre chance et à votre habileté, parce qu’il met en lumière un monde ouvert fantasque et parce qu’il est taillé avant tout pour les challenges multijoueurs, Monster Hunter Rise est un épisode parfait qui occupera votre Nintendo Switch avec ou sans confinement. Oui, son bestiaire a peu évolué depuis le Monster Hunter: World de et  oui, on regrettera son absence de fin. Toutefois, vous peinerez à quitter votre terrain de chasse avant 70 heures. Minimum. 

Monster Hunter Rise en résumé

  • Qu'est-ce que c'est ? Le 6e jeu pour consoles de salon de la série Monster Hunter
  • Quand pourrez-vous y jouer ? Dès le 26 mars 2021
  • Sur quoi pourrez-vous y jouer ? Votre Nintendo Switch
  • Combien coûte-t-il ? Prix ? 49,99 € (prix conseillé)

Qui va à la chasse...

Monster Hunter Rise

(Image credit: Capcom)
  • Sauvez votre village natal des monstres générés par la Calamité.
  • Frappez et tranchez des colosses imposants avec 14 armes et une gestuelle que vous envieront les amateurs de Just Dance.
  • Profitez d'un monde plus riche et d'une mobilité améliorée. 

Dès que vous aurez achevé la personnalisation (incroyablement généreuse) de votre personnage, Monster Hunter Rise entre dans le vif du sujet et vous invite à rejoindre votre première chasse. Un nouveau monde s’offre à vous si vous découvrez la franchise, mais aussi si vous venez de Monster Hunter: World sur PC/Xbox/PlayStation, de Monster Hunter Generations ou Monster Hunter 4 sur Nintendo Switch/3DS. Vous le ressentirez dans les concessions de Capcom, avec une courbe de difficulté plus indulgente, et surtout des niveaux gigantesques, parfois labyrinthiques, visant à étendre votre temps de jeu à l’infini -.ou presque. 

Nous n’affirmerons pas que le jeu est devenu plus facile, mais nous sommes persuadés, après plusieurs heures en piste, que l’éditeur a atténué une grande partie de ce qui rendait les précédentes itérations Monster Hunter si envoûtantes. Fini la découverte et le challenge permanents, Monster Hunter Rise vous prend régulièrement par la main avec des didacticiels pour chaque arme et chaque combo. Certains sont entièrement repensés pour asséner des coups mortels après quelques secondes à manœuvrer. Même les nouveaux monstres semblent plus faibles, les combats nécessitent moins d’endurance et de réflexion, ici le spectacle prime avec de superbes visuels et animations.  

Rappelons qu’il s’agit d’un jeu Switch, l’intérêt repose donc avant tout sur la richesse de l’univers et des interactions proposées, plus que sur la complexité des quêtes et des combats. Le plafond des compétences est revu à la baisse, mais le Compendium (guide ultime du jeu) n’a jamais été aussi fourni sur la physiologie des monstres, faisant presque passer le Pokedex pour un vulgaire vade-mecum. Les récompenses aussi sont légion et vous inciteront à chasser toujours plus pour élargir votre butin et amasser divers équipements toujours plus impressionnants. Certains puristes de Monster Hunter pourraient voir cette évolution d’un mauvais œil, et pourtant cela répond parfaitement à l’état d’esprit nintendophile. 

… gagne de précieux compagnons

Monster Hunter Rise

(Image credit: Capcom)
  • Vos Chumsky et Palico sont les vraies stars du jeu.
  • Disposer d’une monture anime brillamment les parties de chasse les plus lentes. 

La plus grosse valeur ajoutée de Monster Hunter Rise est l’intégration du Chumsky, un compagnon aux faux airs canins qui peut être chevauché pendant un combat. Grâce à celui-ci, vous pouvez sauter de falaise en falaise, explorer plus rapidement une zone et surtout vous dépêtrer de situations dangereuses - votre Chumsky vous sauvera toujours la mise si un prédateur surgit dans votre dos. Il vous suit partout et seconde vos attaques, avec des animations supplémentaires à couper le souffle. Un lien fort va se nouer au fil de votre progression, c’est l’une des coopération avec PNJ les mieux scriptées à laquelle vous aurez droit dans un jeu vidéo, tous supports confondus.

Les plus félins d'entre vous seront heureux de constater que les Palicos restent dans la partie et qu'ils ont conservé leur but : agacer les monstres au plus haut point pour faire diversion. Si vous avez du mal à vous décider devant autant de mignonnerie, sachez qu’il est possible de faire équipe avec un Chumsky et un Palico (voire deux Chumskys et deux Palicos). D’autres préféreront s’associer à des joueurs plus imprévisibles via les sessions suggérées en ligne, libre à eux.

Que vous jouiez en solo ou jusqu’à quatre joueurs, vous pourrez assister à l’un des événements les plus mémorables de Monster Hunter Rise : attirer un monstre dans la tanière d'un autre monstre et le rendre docile à travers une série d’actions rapides… pour parvenir à en faire votre monture officielle. Si vous y parvenez, vous engendrerez une nouvelle guerre de territoires entre les deux bêtes, laissant un nouveau jeu du chat et de la souris se développer. 

Les cavaliers les plus habiles seront capables de parer les attaques des monstres adverses, de les déstabiliser par des coups puissants, puis de les chevaucher à leur tour. De chasseur aux origines, vous pourrez évoluer vers la pratique du rodéo hostile ou l’élevage de colosses, en un rien de temps.

Toute la rage du monde

Monster Hunter Rise

(Image credit: Capcom)
  • Les missions de raid sont amusantes - mais particulières - et rompent le rythme. 
  • Il ne semble pas y avoir de clap de fin.
  • Ça manque aussi de monstres menaçants. 

Après avoir chassé et haché votre gibier génétiquement modifié, vient la section de l’histoire où vous réalisez enfin le pourquoi de tous ces batifolages en pleine nature : il est grand temps d’affronter le prédateur suprême : la Calamité. Monster Hunter Rise se transforme alors entre hack’n’slash façon Dynasty Warriors et Tower Defense version XXL. Vous allez mener des sièges, installer des machines défensives pour protéger le village, puis repousser une foule de monstres plus faibles jusqu'à l'arrivée du boss final.

Ces missions de raid sont amusantes en multijoueur, où vous pouvez compter sur des alliés pour vous débarrasser vite fait, bien fait, d’ennemis automates et ennuyeux pendant que vous fortifier le village. En revanche, il faudra faire preuve d’une extrême patience en solo, car vous devrez vous démener entre défense et attaque. Plus une corvée qu’un plaisir.

Pourtant le jeu brille lorsqu’arrive ces nouveaux types de combats : il vous faudra smasher les bombes de boue d'un dragon des marais, esquiver les coups vicieux du Magnamalo, et faire tomber du ciel des dieux-dragons. C'est du pur Monster Hunter, et le point culminant de Rise. Qui prouve que, même après 70 heures passées à affronter presque linéairement un bestiaire connu, le titre de Capcom peut encore vous surprendre.

Pour conclure...

Monster Hunter Rise

(Image credit: Capcom)

Monster Hunter Rise est un opus vraiment impressionnant, qui montre que Capcom n’a jamais eu l’intention de se reposer sur ses lauriers, maintenant qu'il a acquis un succès grand public avec World. En choisissant  la Switch comme territoire de départ, Rise a dû faire quelques concessions en termes de complexité et de longueur des combats, mais au fond, il persiste à livrer une expérience plus satisfaisante et addictive que celle de son grand frère, stressante à souhait, sur les consoles Xbox et PlayStation.

Les hardcore gamers pourront toujours se plaindre d’une assistance trop présente, mais une fois dépassé le premier quart du jeu, il devient plus aisé de prendre des initiatives audacieuses et de bénéficier d’un gameplay plus inventif. Plus important encore : le plaisir pris sur Rise se partage à plusieurs, avec vos compagnons non joueurs ou avec ceux que vous aurez coopté en ligne. La bataille finale et la myriade de surprises au détour d’une chasse valent la découverte de cet ultime épisode. A la hauteur d’une franchise monstrueusement exigeante.