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Les futures bases lunaires et martiennes seront-elles construites à partir de sang humain ?

Concept d'un dôme martien
(Crédit photo: SpaceX)

Le coût d’un simple lancement de satellite en orbite est énorme, et ne mentionnons pas celui du transport des matières premières indispensables à une installation temporaire sur la Lune ou sur Mars - celui-ci s’avère quasiment incalculable. Cette contrainte doit être cependant levée pour réussir à établir une présence humaine permanente sur ces deux nouveaux mondes.

Avec ce défi logistique en tête, des chercheurs de l'université de Manchester (UM) ont tenté de proposer une approche quelque peu originale. Ils espèrent que cette stratégie de développement sera à la fois réalisable à court terme et durable sur le long terme.

Dans une étude publiée cette semaine dans Materials Today Bio, lesdits chercheurs ont fait valoir qu'une protéine présente dans le sang humain - l'albumine sérique - s'est liée aux sols lunaires et martiens simulés pour former un matériau biocomposite ayant à peu près la même résistance que le béton. 

Qui plus est, il est possible de renforcer l'AstroCrete (le nom que les auteurs ont donné à ce nouveau matériau) en ajoutant littéralement de l'urine au mélange. L'urée, un déchet biproduit que nous excrétons par l'urine, la sueur et les larmes, augmente considérablement la résistance à la compression du matériau - potentiellement jusqu'à 300%.

"Les scientifiques ont essayé de développer des technologies viables pour produire des matériaux semblables à du béton à la surface de Mars, mais nous n'avons jamais cessé de penser que la réponse se trouvait peut-être en nous depuis le début", a déclaré le Dr Aled Roberts, l'un des membres de l'université de Manchester qui a travaillé sur le projet.

Historiquement, le sang animal a été utilisé comme agent liant dans les mortiers, sans connaissance aucune sur le mécanisme sous-jacent. L’équipe du Dr Roberts s’est intéressée précisément à ce mécanisme et a découvert que les protéines du sang se dénaturent - ce que l'on appelle aussi le caillage -, créant ainsi des structures étendues qui lient les matériaux entre eux.

"Il est passionnant de constater qu'un défi majeur de la conquête spatiale a peut-être trouvé sa solution en s'inspirant d’une technologie médiévale", a ajouté M. Roberts. 


A quoi ressembleront les premières bases extraterrestres ?

Si la solution consistant à utiliser des matériaux de fortune pour construire une base sur la Lune ou sur Mars peut sembler atypique, c'est pourtant ce que les explorateurs ont toujours fait, pour le meilleur et pour le pire.

Chaque fois que l’humanité a exploré une nouvelle région, qu'il s'agisse des chasseurs et des cueilleurs antiques, des légions romaines, des colonisateurs européens et maintenant des astronautes, elle s’est toujours appuyée sur des matériaux expressément disponibles pour bâtir de nouvelles sociétés. 

Bien sûr, les nouveaux colons ont souvent apporté des ressources clés de l’Ancien Monde avec eux, mais les Vikings qui se sont installés en Angleterre entre 800 et 1066 ont dû composer avec le minimum vital : du bois, de la terre et de la sueur. 

Heureusement, il n'y a pas de vie sur la Lune ou sur Mars que nous pourrions perturber en nous y installant, mais quelles que soient les colonies que nous finirons par développer sur place, elles se baseront sur les matières organiques présentes (comme la poussière spatiale) et ne ressembleront à rien de similaire sur Terre. 

John Loeffler

John (He / Him / His) is TechRadar's Computing Staff Writer and is also a programmer, gamer, activist, and Brooklyn College alum currently living in Brooklyn, NY. Named by the CTA as a CES 2020 Media Trailblazer for his science and technology reporting, John specializes in all areas of computer science, including industry news, hardware reviews, PC gaming, as well as general science writing and the social impact of the tech industry.


You can find him online on Twitter at @thisdotjohn


Currently playing: Valheim, Darkest Dungeon, Satisfactory