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Coronavirus : vers une surveillance commune des données personnelles par l'Union Européenne ?

Application de surveillance en Europe
(Crédit photo: Shutterstock.com)

Le Contrôleur Européen de la Protection des Données (EDPS) a appelé les 27 États membres de l'UE à créer une application mobile unique qui puisse être utilisée pour contrôler la propagation du coronavirus, sans porter atteinte au droit à la vie privée.

Un certain nombre de gouvernements européens ont déjà lancé des applications de suivi, collectant des données de géolocalisation anonymes fournies par les opérateurs de téléphonie mobile. Dans le principe, ces applications mobiles ont pour but de localiser les points de concentration et de déplacement du virus Covid-19. Ainsi, une personne testé positive au coronavirus verrait ses allées et venues, mais aussi ses rencontres, pistées via les signaux émis par son smartphone. Une pratique adoptée aujourd’hui en Chine, en Corée du Sud, à Taïwan et en Israël. Et sur laquelle le gouvernement français est en pleine réflexion.

En Europe, la Pologne va actuellement plus loin. Le chef de l’Etat a imposé à ses citoyens placés en quarantaine de télécharger obligatoirement une application prenant des selfies aléatoires pour surveiller leur confinement. Si le citoyen refuse, il recevra des visites de la police, elles aussi aléatoires.

Le Contrôleur Européen souligne, de ce fait, des usages inégaux quant au respect de la vie privée, tant dans l’exécution que dans les garanties de ces applications. Sa prescription dans l’urgence est d’instaurer un programme de surveillance commun et restrictif, pour protéger les droits de tous les citoyens européens.

Des garde-fous pour protéger les Européens

« L’EDPS est conscient qu'une grande partie des Etats membres de l'UE ont ou sont en train de développer des applications mobiles impliquant le traitement de données personnelles, afin de préserver la santé publique », a déclaré le responsable de l’institution, Wojciech Wiewiorowski, dans une lettre envoyée aux différents gouvernements européens.

«Compte tenu des divergences entre les Etats, l’EDPS appelle à une application mobile Covid-19  paneuropéenne, coordonnée au niveau de l'UE. Dans l'idéal, une collaboration avec l'Organisation Mondiale de la Santé devrait également avoir lieu, afin de sécuriser sa conception à l'échelle internationale […] L'utilisation d'indicateurs de localisation temporaires et de la technologie Bluetooth semble être une voie utile pour parvenir à une protection plus efficace de la vie privée et des données confidentielles », préconise-t-il dans cette même missive.

Le mois dernier, plusieurs grands groupes européens de télécommunications ont convenu de partager avec l'UE les données de localisation des téléphones portables. Il s'agit notamment du britannique Vodafone, qui dispose de réseaux sur tout le continent, ainsi que de A1 Telekom Austria, Deutsche Telekom, Telecom Italia, Telefonica, Telenor, Telia. Et en France, Orange.

En France, le gouvernement souhaiterait prendre pour modèle l’application singapourienne Trace Together. Cette dernière localise les patients positifs en quarantaine via la connectivité Bluetooth de leur smartphone. D’autre part, les données de géolocalisation ne sont pas stockées. L’Etat français ne souhaite pas imposer l’inscription à cette potentielle application et garantit qu’elle respecterait le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD).